Le Liban ambitionne de développer son réseau de transports publics pour atteindre 54 lignes et 300 bus, avec pour objectif de transporter quelque 60.000 passagers par jour. Le projet a été au centre d’une rencontre organisée vendredi par le ministère des Travaux publics et des Transports, en coopération avec le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), sous le patronage du Premier ministre Nawaf Salam, qui y a participé aux côtés du ministre des Travaux publics et des Transports, Fayez Rassamny.
Baptisée «Vers le développement des transports publics au Liban», la rencontre a mis l’accent sur la nécessité de renforcer le réseau et de proposer une alternative fiable à la voiture individuelle, alors que le coût des déplacements pèse de plus en plus sur les ménages.
Un réseau plus étendu et plus fiable
Nawaf Salam a souligné que le Liban avait besoin d’un plus grand nombre de bus et de lignes supplémentaires reliant les régions et desservant les grandes villes et leurs banlieues, notamment Beyrouth, Tripoli, Saïda, Tyr et Zahlé.
L’augmentation du nombre de bus ne saurait toutefois suffire, a-t-il averti. Elle doit s’accompagner d’horaires réguliers, de trajets clairement définis, de tarifs équitables, d’arrêts sécurisés et d’un entretien continu des véhicules.
Le Premier ministre a ainsi plaidé pour l’élaboration d’un plan visant à mettre en place un réseau moderne et régulier, reliant les différentes régions du pays, les villages et les localités aux centres des cazas et des mohafazats, tout en facilitant les déplacements au sein des grandes villes.
«Nous avons longtemps considéré les embouteillages comme une fatalité. En réalité, c’est l’absence d’alternatives qui contraint les citoyens à utiliser leur voiture», a-t-il déclaré, estimant que les pouvoirs publics avaient la responsabilité de rendre les transports publics accessibles et fiables au quotidien.
Selon lui, l’amélioration du réseau constitue un moyen concret de renforcer le pouvoir d’achat des citoyens, d’élargir les possibilités d’emploi et de rapprocher les services de la population.
Un objectif de 60.000 passagers par jour
Fayez Rassamny a, pour sa part, qualifié les transports publics de «nécessité économique et sociale» et de responsabilité nationale qui ne peut plus être reportée. Il a rappelé que le ministère s’employait à alléger les charges supportées par les citoyens et à étendre progressivement les services existants.
Le plan envisagé prévoit la création de nouvelles lignes et le développement d’un réseau comprenant, à terme, 54 lignes et 300 bus, avec une capacité visée d’environ 60.000 passagers par jour.
Actuellement, près de 60 bus circulent sur 12 lignes et transportent plus de 8.000 passagers par jour, selon les chiffres présentés par Fayez Rassamny. Le ministre a indiqué que cinq lignes supplémentaires devraient être mises en service prochainement.
«Notre objectif est de construire un système intégré, durable et respectueux de l’environnement, avec des lignes qui répondent aux besoins des différentes régions du Liban et des tarifs abordables», a déclaré le ministre.
Il a également insisté sur le fait que le coût des déplacements n’était plus une dépense secondaire dans la vie quotidienne, mais un véritable fardeau. L’expérience a montré, selon lui, que les solutions partielles et temporaires ne suffisent pas sans un développement durable des transports publics.
Rassamny a enfin souligné que la réussite du projet nécessitait une coopération entre les différentes parties prenantes, appelant les partenaires internationaux à soutenir cette démarche et affirmant que l’État était déterminé à assumer ses responsabilités.
Un levier de relance économique et sociale
Le représentant résident par intérim du PNUD, Thaer Shraidi, a estimé que l’investissement dans les transports publics constituait un investissement dans le redressement du Liban.
Il a souligné que les bénéfices d’un tel projet dépassaient les seules recettes liées au transport: il pourrait contribuer à alléger les dépenses des ménages, à élargir les possibilités d’emploi, à dynamiser l’activité économique et à réduire l’impact environnemental.
De son côté, le directeur général des chemins de fer et des transports publics, Ziad Chia, a rappelé que le secteur des transports ne pouvait être envisagé indépendamment des autres secteurs, le qualifiant de l’un des piliers de la vie économique et sociale.
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