Le président Joseph Aoun a affirmé samedi que «le temps de la privation, de l’exclusion et de la marginalisation est terminé», lors d’une visite à Tripoli, dans le nord du Liban, au cours de laquelle il a appelé à renforcer la présence de l’État, à développer l’économie locale et à garantir la justice pour tous les Libanais.
«L’État n’est pas en confrontation avec ses citoyens, il est leur garant», a déclaré M. Aoun lors d’un discours au parc des expositions Rachid Karamé, soulignant que Tripoli pouvait être un partenaire essentiel du redressement du Liban.
Le président a également affirmé que la stabilité de l’État reposait sur le monopole des armes par son armée, appelant à redonner toute sa place à la production et à ouvrir des perspectives aux jeunes afin qu’ils puissent rester dans leur pays et contribuer à son développement.
كلمة رئيس الجمهورية العماد جوزاف عون من معرض رشيد كرامي الدولي في ختام جولته في مدينة طرابلس. pic.twitter.com/shnUNyNw7l
— Lebanese Presidency (@LBpresidency) October 24, 2026
«L’intérêt du Liban doit primer sur les calculs étroits», a-t-il ajouté, estimant que l’unité nationale devait reposer sur la justice et l’égalité des droits et des devoirs. Selon lui, le Liban ne pourra se relever grâce à une seule communauté, région ou faction, mais par la solidarité de l’ensemble de ses citoyens.
Au cours de sa tournée, M. Aoun s’est rendu au palais de justice de Tripoli, où il a souligné le lien étroit entre sécurité et justice. «Une justice tardive n’est pas une justice», a-t-il déclaré, plaidant pour une justice transparente et une magistrature indépendante.
Il a également appelé les juges à ne céder à aucune pression et à exercer leurs fonctions selon leur conscience. La lutte contre la corruption constitue une priorité, a-t-il affirmé, ajoutant que la numérisation de l’administration et une justice équitable contribuaient au renforcement des institutions.
Développement économique et services publics
Au siège du gouvernorat de Tripoli, le président a déclaré que sa visite visait à rappeler aux habitants que l’État était constamment à leurs côtés. Le rétablissement de la confiance passe par la fourniture de services publics accessibles à tous, dans le respect de la dignité humaine, a-t-il affirmé.
Reconnaissant que Tripoli avait longtemps souffert de négligence, il a estimé que le moment était venu d’y mettre fin. Il a évoqué des projets destinés à créer des emplois dans la région et rappelé que le développement ne pouvait se faire sans sécurité.
Au port de Tripoli, M. Aoun s’est félicité de l’intégration des ports de Tripoli et de Beyrouth au projet de corridor économique Inde-Moyen-Orient-Europe (IMEC). Il a estimé que cette participation constituait une avancée qui devait désormais être concrétisée par des mesures successives.
Le port de Tripoli a la possibilité de devenir l’un des principaux ports de la région, a-t-il déclaré, appelant l’État à le soutenir pour en faire un centre économique au service du nord du Liban et du pays dans son ensemble.
Le président s’est également informé des mesures engagées pour activer la zone économique spéciale de Tripoli et a rencontré les membres du conseil d’administration du parc des expositions Rachid Karamé, insistant sur la nécessité de créer des emplois malgré les moyens limités.
Soutien aux forces de sécurité
Lors de ses visites au centre de la Sûreté de l’État et à la direction générale de la Sûreté générale, installés au siège du gouvernorat, M. Aoun a salué les efforts des agents pour assurer la sécurité et fournir des services aux citoyens malgré des moyens limités.
Il les a exhortés à ne pas céder aux pressions et à accomplir leurs missions avec conscience et sens des responsabilités, soulignant que le service aux citoyens constituait une responsabilité fondamentale de l’État.
Le président a enfin rappelé que les militaires et les membres des forces de sécurité étaient les enfants de Tripoli et se sacrifiaient pour protéger ses habitants.