Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a nié lundi toute tension entre le gouvernement de Benjamin Netanyahou et les militaires au sujet de l'Iran, après des informations de presse affirmant que l'armée craignait une instrumentalisation du conflit avant les élections mardi.

La chaîne 12 israélienne a rapporté dimanche soir que le chef d'état-major Eyal Zamir avait exigé «une discussion approfondie» avec Benjamin Netanyahou au sujet d'une éventuelle opération «susceptible de mener à un conflit avec l'Iran», ainsi que des garanties légales et des documents signés par les responsables politiques avant toute action.

Le média a qualifié cette confrontation d'«inédite» et précisé que la publication de cette information avait été autorisée par la censure militaire, renforçant l'impression que l'armée voulait faire connaître au public ses réticences.

«Les publications concernant des divergences entre le niveau politique et l'armée sur la question iranienne sont totalement infondées et mensongères», a réfuté le ministre de la Défense Israël Katz sur X.

«J'affirme de manière catégorique qu'il n'y a eu aucune intention de la part d'Israël d'initier une attaque contre l'Iran avant les élections», a-t-il ajouté dans sa publication sur X. M. Netanyahou avait démenti cette information dès dimanche soir.

Dans sa publication, la chaîne 12 cite des sources anonymes au sein de l'armée disant craindre que le Premier ministre, confronté à un scrutin législatif serré mardi, se serve de «la question iranienne pour obtenir un élan politique».

La chaîne 12 n'a pas précisé quel type d'opération militaire avait suscité ces tensions, mais M. Netanyahou a multiplié les menaces contre l'Iran ces dernières semaines.

Mercredi, il a ainsi affirmé que «renverser» le pouvoir iranien était le seul moyen d'éliminer la menace posée par Téhéran.

D'autres médias américains, britanniques et israéliens ont rapporté la semaine dernière que M. Netanyahou avait fait pression sur le président américain Donald Trump pour lancer une nouvelle campagne de bombardements contre l'Iran avant les élections.

Des opposants accusent régulièrement M. Netanyahou de vouloir relancer la guerre avec l'Iran pour rester au pouvoir, et la publication des informations par la chaîne 12 a renforcé leurs inquiétudes.

L'ancien ministre de la Défense Avigdor Liberman a ainsi exigé lundi l'ouverture d'une enquête pour «trahison» contre le Premier ministre, qu'il accuse de vouloir «entraîner l'État d'Israël dans une guerre» et d'être «prêt à sacrifier des vies de soldats car il a peur d'une défaite électorale».

Avec AFP