Teressa Chayeb en judo, Thea Obeid en natation et Ramzi Hilal en boxe représenteront le Liban aux Jeux olympiques de la jeunesse, du 31 octobre au 13 novembre au Sénégal. Trois parcours en construction, déjà éprouvés dans les compétitions internationales, pour une quatrième participation libanaise aux JOJ d’été.

Un tatami, un bassin et un ring: la campagne libanaise à Dakar se jouera sur trois terrains. Présentée le 23 octobre à Baabda, la délégation réunit deux jeunes femmes et un jeune homme, avec des expériences différentes et une même échéance pour mesurer leur progression. À Dakar, trois jeunes athlètes porteront les ambitions olympiques du Liban, du bassin au ring en passant par le tatami.

Le rendez-vous aura aussi une dimension historique. Pour la première fois, un événement sportif olympique se déroulera sur le continent africain. Quelque 2 700 athlètes sont attendus au Sénégal, où les compétitions et les activités seront réparties entre Dakar, Diamniadio et Saly. Au programme: 25 sports de compétition et 153 épreuves avec remise de médailles.

Obeid, des chronos pour prendre la mesure

Thea Obeid aborde cette échéance avec des références précises en brasse. World Aquatics lui attribue une meilleure marque de 32 s 10 sur 50 mètres, réalisée en mai 2026 en Autriche, et de 1 min 12 s 78 sur 100 mètres, établie aux Mondiaux juniors de 2025 en Roumanie. Deux temps enregistrés en grand bassin, qui permettent de situer sa progression sans mélanger les performances réalisées sur 25 et 50 mètres.

La nageuse a également remporté le 50 mètres brasse des 15–16 ans aux Championnats arabes de 2025 au Maroc, en 32 s 52. Son parcours associe ainsi un titre dans sa catégorie d’âge et une confrontation au niveau mondial junior.

À Dakar, elle sera accompagnée de son entraîneur Mohammad Sakr. Pour elle, l’enjeu sera de traduire ces acquis dans une compétition où la qualité du départ, des coulées et de l’arrivée compte autant que la capacité à maintenir sa nage sous pression. Le chrono offrira un repère immédiat; le classement dira ensuite ce que vaut cette performance face à sa génération.

Chayeb, passer du rendez-vous asiatique à la scène olympique

Teressa Chayeb figure dans la liste des engagées publiée par la Fédération internationale de judo. Licenciée au Bouddha Sports City, elle a disputé en juillet les Championnats d’Asie cadets en moins de 63 kg, où elle a affronté l’Indienne Khushbu Rajakbhai Darjada.

Dakar prolonge cet apprentissage international. Sur le tatami, la Libanaise devra trouver les moyens d’installer son judo: gagner la bataille de la garde, provoquer le déséquilibre et engager ses attaques sans s’exposer au contre. Une opposition mondiale permettra de juger ces acquis dans un cadre plus large que le seul circuit continental.

L’objectif sportif se construira combat après combat. À ce stade d’un parcours, savoir imposer une séquence, corriger une difficulté et rester lucide dans un échange disputé fait aussi partie des progrès à mesurer.

Hilal, une expérience déjà acquise hors du Liban

Ramzi Hilal ne découvrira pas la compétition internationale au Sénégal. Son nom apparaît dans le tableau des moins de 54 kg des Jeux asiatiques de la jeunesse de 2025 à Bahreïn. En mars dernier, il figurait également au programme de la World Boxing Futures Cup à Bangkok, cette fois en moins de 55 kg, face à l’Azerbaïdjanais Nihat Gasimov.

Ces sorties constituent des étapes de préparation à un nouveau rendez-vous, avec Wissam Hilal dans son encadrement technique. Le boxeur devra y mobiliser les exigences de sa discipline: tenir la distance, construire ses enchaînements et défendre sans abandonner l’initiative. La maîtrise du rythme et la précision des touches seront au cœur du rapport de force.

Le bronze de Samaha dans les archives

L’histoire libanaise aux JOJ d’été compte déjà un podium. À Singapour, en 2010, Michel Samaha avait décroché le bronze en taekwondo chez les moins de 73 kg. Après une victoire contre Tosh van Dijk en quarts de finale, il avait été arrêté en demi-finale par Aliaskhab Sirazhov.

Le Liban avait ensuite participé aux éditions de Nankin en 2014 et de Buenos Aires en 2018. Dakar ouvre le quatrième chapitre de cette présence aux Jeux de la jeunesse, une compétition distincte des Jeux olympiques seniors, mais une étape internationale à part entière.