Le ministère de l’Économie et du Commerce a effectué près de 20.000 inspections sur le terrain depuis le début de l’année et traité entre 2.000 et 2.100 plaintes, a annoncé le ministre Amer Bsat lors d’une conférence de presse tenue jeudi à l’issue d’une tournée de contrôle. Il a souligné que les opérations de surveillance se poursuivent dans différentes régions du Liban et concernent notamment les supermarchés, les restaurants et les générateurs électriques.
Le ministère dispose actuellement d’environ 70 contrôleurs, qui effectuent des tournées régulières à travers le pays. Selon Amer Bsat, les chiffres enregistrés témoignent de l’ampleur du travail de contrôle mené en continu et des procès-verbaux dressés à l’encontre des contrevenants.
Le ministre a reconnu que la hausse des prix constituait un problème majeur et que le ministère était conscient des difficultés rencontrées par les citoyens. Il a expliqué qu’une partie de cette hausse était liée à des facteurs indépendants de la volonté du ministère, notamment l’augmentation du prix du mazout, qui entraîne une hausse des coûts du transport, de la garantie sociale et d’autres dépenses, compte tenu de la dépendance de nombreux secteurs à ce combustible. Il a toutefois souligné que ces facteurs ne justifiaient pas les infractions constatées.
Un propriétaire de générateurs arrêté
Le ministre a indiqué qu’une tournée de contrôle avait permis de relever de graves infractions chez un propriétaire de générateurs électriques. Celui-ci a été arrêté et renvoyé devant les enquêteurs, tandis que son générateur a été saisi puis remis à la municipalité de Beyrouth pour être exploité. Le ministre a présenté ces mesures comme un moyen de renforcer l’effet dissuasif des contrôles et de responsabiliser les contrevenants.
Concernant les infractions liées aux générateurs, il a précisé que les contrôleurs vérifiaient en particulier l’installation des compteurs et le respect des tarifs fixés par le ministère de l’Énergie. Il a ajouté que le ministère commençait à constater des signes d’un effet dissuasif croissant de ces mesures.
Le ministère travaille également avec d’autres administrations pour remédier aux infractions et aux déséquilibres liés aux pratiques commerciales et financières. À cet égard, M. Bsat a insisté sur l’importance d’activer l’Autorité de la concurrence afin de renforcer la concurrence et de limiter la hausse des prix.
Le contrôle des marges bénéficiaires
Interrogé sur les moyens de faire baisser les prix, le ministre a évoqué deux principaux leviers: le renforcement de la concurrence, grâce à l’activation de l’Autorité de la concurrence, et le contrôle des marges bénéficiaires.
Il a reconnu que l’augmentation du prix du mazout avait effectivement une incidence sur les coûts des entreprises, mais a jugé inacceptable que certains établissements commerciaux multiplient leurs prix en invoquant cette hausse. Il a assuré que le ministère suivait ces cas et prenait les mesures nécessaires.
Face aux plaintes concernant l’absence de contrôleurs dans certaines régions, Amer Bsat a rappelé que le principe selon lequel «chaque citoyen est un contrôleur» constituait un fondement du travail du ministère. Il a appelé la population à signaler toute infraction via l’application mobile MoET Digital Services, qui permet de déposer des plaintes depuis différentes régions du pays, notamment le Akkar, Tripoli, la Békaa, Saïda et le Sud.
Le ministre a assuré que les plaintes étaient traitées avec sérieux et que les contrôleurs étaient présents dans les différentes régions. Il a également fait état de la saisie de générateurs électriques et du retrait de la circulation de produits alimentaires non conformes aux normes, notamment du fromage et du labné, au cours des dix derniers jours.
Des stations-service fermées pour fraude présumée
Concernant les plaintes liées à la fraude à l’essence, le ministre a indiqué que les contrôleurs étaient intervenus dès la réception des premières informations, il y a environ six semaines. Des inspections ont été menées dans plusieurs stations-service et des infractions ont conduit à la fermeture de certains établissements, en coopération avec les ministères de l’Industrie et de l’Énergie.
Le ministre a souligné qu’il était difficile de contrôler simultanément toutes les stations-service du Liban et appelé les citoyens à signaler tout soupçon concernant la qualité de l’essence ou une éventuelle fraude. Il a précisé que les cargaisons entrant dans le pays étaient soumises aux contrôles et aux analyses nécessaires sous la supervision des autorités compétentes. Selon lui, les fraudes peuvent survenir au niveau des commerçants, des distributeurs ou des stations-service elles-mêmes.
Un projet de loi pour rendre publiques les infractions
Interrogé sur la possibilité de publier les noms des établissements en infraction afin de renforcer l’effet dissuasif des contrôles, M. Bsat a expliqué que la législation actuelle ne l’autorisait pas à divulguer ces noms.
Il a toutefois indiqué que le nouveau projet de loi sur la protection des consommateurs prévoyait un mécanisme dit «Name and Shame», permettant de rendre publiques les infractions. Le texte se trouve actuellement à la Chambre des députés, et le ministre a exprimé l’espoir qu’il soit adopté prochainement, précisant avoir reçu des assurances de la présidence de la Chambre quant à la possibilité d’une adoption dans un avenir proche.
L’adoption de cette loi, conjuguée à l’activation de l’Autorité de la concurrence, donnerait au ministère des outils plus efficaces pour lutter contre les infractions et limiter les abus.
En conclusion, le ministre a réaffirmé que le ministère traitait ces dossiers avec sérieux et suivait une série d’étapes pour lutter contre les infractions, en commençant par leur consignation par ses services.