L'ONU a réclamé samedi une enquête urgente sur la mort d'un de ses employés détenu depuis 2024 par les Houthis pro-iraniens au Yémen, pays qui a replongé dans la guerre en juillet, après quatre ans d'accalmie, entraîné par le conflit au Moyen-Orient.

Les hostilités se sont intensifiées en septembre après une offensive des combattants pro-iraniens dans l'ouest du pays. Depuis, l'Arabie saoudite, alliée du gouvernement, bombarde régulièrement les positions des Houthis, qui ripostent en multipliant les attaques sur le sol saoudien.

«Mohammad el Shami, membre du personnel du Bureau des droits de l'homme de l'ONU au Yémen, était arbitrairement détenu par les Houthis depuis le 6 juin 2024. D'après les informations fournies par sa famille, il est décédé il y a plus d'un mois, mais ses proches n'en ont été informés que récemment», a affirmé le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme dans un communiqué.

«J'adresse mes plus sincères condoléances à la famille de Mohammad et à ses proches», a déclaré le Haut-Commissaire, Volker Türk.

«C'est une perte déchirante pour le Bureau des droits de l'homme de l'ONU et l'ensemble des Nations unies. La famille de Mohammad n'a reçu aucune explication sur la cause ou les circonstances de sa mort, elle a le droit de connaître la vérité», a-t-il ajouté.

Le Haut-Commissaire exige une transparence totale de la part des autorités houthies, ainsi qu'une enquête urgente, indépendante et approfondie sur son décès.

«Cela implique la divulgation de tous les dossiers médicaux et de détention pertinents, la conservation des éléments de preuve et un examen indépendant de toute cause de décès qui serait avancée», a-t-il détaillé, réclamant que les responsabilités soient établies.

Il se dit également «extrêmement préoccupé par la sécurité et le bien-être des autres membres du personnel de l'ONU qui restent détenus, notamment sept collègues de mon Bureau, ainsi que des travailleurs humanitaires et des membres de la société civile détenus».

«Je demande une nouvelle fois leur libération immédiate et inconditionnelle», a-t-il insisté.

Le 14 octobre dernier, Farhan Haq, un porte-parole du secrétaire général de l'ONU, avait affirmé aux journalistes à New York que 71 membres du personnel des Nations unies étaient alors toujours détenus par les Houthis.

Le Haut-Commissariat demande que, dans l'attente de leur libération, les Houthis garantissent leur sécurité, un traitement humain, l'accès aux soins médicaux, le contact avec leurs familles et l'accès de l'ONU à ces détenus.

«Aucune famille ne devrait avoir à endurer ce que vivent actuellement les proches de nos collègues», a déclaré Volker Türk.

Il a ajouté que le décès de Mohammad el Shami suscitait de profondes inquiétudes quant à la sécurité du personnel des Nations unies et aux conditions dans lesquelles l'organisation peut maintenir sa présence et mener à bien son travail dans les zones contrôlées par les Houthis.

«En détenant nos collègues, les autorités de facto compromettent gravement notre capacité à venir en aide à la population yéménite alors que le pays traverse une crise humanitaire et des droits humains particulièrement grave. Je les exhorte à changer de cap», a-t-il averti.

AFP