Pierre Sourzat, à la tête des Lycéens!, a appelé dimanche au blocus des lycées «dès lundi», dénonçant la «politique de comptoir» du gouvernement qui a dévoilé en début de semaine plusieurs mesures pour tenter d'éteindre la colère des jeunes.

Après 15 jours de vacances, «bien sûr qu'on appelle au blocus» et «les lycées seront bloqués, et ce dès lundi», a affirmé M. Sourzat sur RMC.

«Ce sera plus à partir de mardi, mais on sait qu'il y a des lycées qui vont être bloqués dès demain. Et nous soutenons tous nos camarades qui bloquent leurs lycées dès demain», a-t-il précisé alors que l'Union syndicale lycéenne (USL) et l'Union étudiante ont appelé samedi à bloquer lycées et universités mardi puis jeudi 5 novembre, journée de grève interprofessionnelle.

Emmanuel Macron avait appelé jeudi à la reprise des cours dans «le calme», «compte tenu du fait que la jeunesse a été entendue».

Quelques jours plus tôt, les ministres de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur avaient annoncé plusieurs mesures pour répondre à la crise lycéenne et étudiante qui dure depuis maintenant six semaines, dont le remplacement progressif du système d'admission post-bac Parcoursup d'ici 2028.

Le président «ne nous a pas entendus, (...) il (ne) nous a presque rien donné», a rétorqué M. Sourzat.

«Le gouvernement a fait avec nous de la politique de comptoir. Il nous a un peu méprisés, limite il se moque de nous», a-t-il fustigé.

Concernant le remplacement de Parcoursup, il estime que la réforme ne s'attaque pas au problème de fond, à savoir le manque de places dans l'enseignement supérieur.

Selon lui, plusieurs régions ont par ailleurs déjà indiqué qu'elles ne pourraient pas recourir aux prêts prévus par le gouvernement pour rénover les bâtiments scolaires, faute de marges financières après la réduction de leurs dotations.

«C'est de la poudre qu'on met aux yeux. Il y a un peu de vernis, mais dès qu'on gratte, il n'y a plus rien derrière», a estimé M. Sourzat.

Le responsable a aussi jugé insuffisant le plan de réduction des effectifs par classe, limité aux seules classes de seconde. «Nous, on demandait pour toutes les classes», a-t-il souligné.

Interrogé sur la durée du mouvement, Pierre Sourzat, qui est en études supérieures, n'a pas fixé d'échéance, estimant qu'elle dépendrait de la réponse du gouvernement.

Reconnaissant le risque de retard scolaire pour les lycéens mobilisés, il a toutefois défendu la poursuite de la contestation, rappelant que «tous les mouvements sociaux qui ont fonctionné» ont nécessité une mobilisation collective.

«C'est un sacrifice» pour les générations suivantes, a-t-il admis.

AFP