Les États-Unis ont mené des frappes limitées sur une île iranienne du stratégique détroit d'Ormuz, ont rapporté mardi des médias américains, Donald Trump, confronté à de difficiles élections, assurant pour sa part qu'un accord avec Téhéran «pourrait arriver».

Selon le Wall Street Journal, qui les a révélées, ces frappes ont visé lundi, à la veille des élections de mi-mandat aux États-Unis, l'île de Qeshm. L'agence de presse officielle iranienne Irna avait plus tôt fait état de cinq explosions entendues sur l'île, et rapporté que des habitants avaient vu deux avions dans le ciel.

Des responsables américains anonymes cités par le WSJ et plusieurs autres médias ont précisé qu'elles étaient les dernières en date d'une série de frappes «limitées» et «défensives» menées ces dernières semaines.

Selon ces sources, elles n'ont pas été annoncées publiquement afin d'éviter de donner l'impression que Washington avait l'intention de reprendre des opérations de combat de grande envergure.

Sollicité par l'AFP, le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) n'a pas donné suite dans l'immédiat.

À la veille d'élections à haut risque pour son camp, au vu du fort mécontentement des Américains face à la hausse du coût de la vie et la guerre, Donald Trump avait assuré lundi soir sur sa plateforme Truth Social qu'un accord avec l'Iran «pourrait arriver».

«Les prix du pétrole tombent comme des pierres (...) parce que les gens sentent qu'il n'y aura pas de guerre avec l'Iran», avait-il mis en avant.

Les cours du pétrole ont légèrement rebondi mardi matin après avoir chuté la veille de plus de 7% lundi, alors que les signes d'une reprise du dialogue entre Téhéran et Washington se multipliaient.

À environ 105,06 dollars mardi matin, le baril de Brent, référence internationale, reste au-dessus du seuil symbolique des 100 dollars, contre environ 70 dollars avant le début de la guerre, déclenchée fin février par des frappes israélo-américaines sur Téhéran.

«Balle dans le camp» américain 

Les efforts diplomatiques se sont intensifiés afin d'éviter la répétition de la phase la plus intense du conflit - qui a fait des milliers de morts civils en près de 40 jours de bombardements, avant un cessez-le-feu en avril suivi d'un protocole d'accord en juin.

Cette fragile entente a volé en éclats cet été, avec la reprise des échanges de frappes, l'Iran ciblant de nouveau les alliés de Washington dans la région, du Golfe à la Jordanie.

Une accalmie est observée depuis début septembre, mais des médias évoquent une possible campagne militaire courte et intense après les élections de mi-mandat.

«La balle est désormais dans le camp des États-Unis pour éviter la guerre», a déclaré mardi l'influent négociateur en chef iranien Mohammad Bagher Ghalibaf, lors d'un discours devant le parlement, qu'il préside.

«Les consultations et les délibérations sont très intenses», avait auparavant déclaré le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi, soulignant «le rôle de médiateur très actif» du Qatar et du Pakistan.

Le vice-président américain JD Vance a lui fait état lundi de «progrès» dans les discussions. «Nous verrons si nous pouvons en faire davantage», a-t-il ajouté.

Quelques heures plus tôt, la Chine avait également appelé à un retour à la diplomatie, à l'occasion d'une visite d'un haut responsable iranien à Pékin.

Lundi, Téhéran a proposé de rouvrir le détroit d'Ormuz en deux jours au lieu de sept dans un plan précédent, proposé en septembre mais refusé par Donald Trump.

Depuis le début de la guerre, l'Iran verrouille ce détroit stratégique pour le commerce mondial des hydrocarbures et frappe régulièrement des navires qui tentent de le franchir sans son autorisation.

En représailles, les États-Unis imposent un blocus aux ports iraniens.

L'Iran conditionne la réouverture du détroit à un cessez-le-feu sur l'ensemble des fronts dans la région, au dégel de ses avoirs détenus à l'étranger, à la levée des sanctions frappant son secteur pétrolier ainsi qu'à la fin du blocus naval américain.

Dimanche, M. Araghchi a ajouté à ces demandes, dans une interview à la chaîne Al Jazeera, l'acceptation par Washington du «nouvel itinéraire convenu entre l'Iran et Oman pour le transit par le détroit d'Ormuz».

AFP