+24,8%. C’est la progression des recettes publiques libanaises au premier semestre 2026, par rapport à la même période de l’année précédente. Selon les chiffres du ministère des Finances, elles ont atteint 3,4 milliards de dollars, contre 2,72 milliards un an auparavant. Ainsi, le Trésor aura engrangé 680 millions de dollars entre le 1ᵉʳ janvier et le 30 juin 2026. À ce rythme, les recettes annualisées pourraient avoisiner 6,8 milliards de dollars, soit 800 millions de plus que les prévisions de la loi de finances 2026, qui tablaient sur 6 milliards de dollars.
Les recettes fiscales, qui représentent près de 48 % des recettes publiques, se sont élevées à 1,65 milliard de dollars, en hausse de 8,13 % sur un an. Elles regroupent notamment les impôts sur les bénéfices et les revenus, la TVA et les taxes foncières. Les recettes douanières ont, pour leur part, progressé de 32 %, à 583,26 millions de dollars, tandis que les recettes non fiscales ont augmenté de 30 %, à 540,51 millions. Ces dernières comprennent notamment les transferts de la Régie (254,34 millions de dollars) et ceux provenant des bénéfices du secteur des télécommunications (136,23 millions).
107 sociétés transférées devant le parquet financier
Pour consolider cette progression, le ministère des Finances entend agir sur deux fronts: améliorer le recouvrement des impôts dus et élargir l’assiette fiscale. La lutte contre l’évasion fiscale s’est notamment traduite par le renvoi devant le parquet financier des dossiers de 107 sociétés et établissements qui n’ont pas honoré leurs obligations, malgré les mises en demeure. Les infractions concernent aussi bien le non-paiement de l’impôt sur les bénéfices que le non-reversement de la TVA collectée auprès des consommateurs pour le compte de l’État.
En parallèle, des mesures de régularisation et de réduction des pénalités doivent inciter les entreprises confrontées à des difficultés à se mettre en règle. Le ministère prévoit également de simplifier les procédures d’enregistrement, de développer les services et les déclarations électroniques, d’assainir le registre fiscal en supprimant les sociétés fictives ou inactives et d’introduire la facturation électronique. Le renforcement des contrôles, le croisement des données fiscales, douanières et foncières, ainsi que la reprise de l’échange automatique d’informations financières avec les pays partenaires complètent ce dispositif.
L’objectif est d’intégrer davantage d’activités dans le circuit légal et de réduire les pertes de recettes liées à l’économie informelle, dont le poids était estimé à près du tiers du PIB libanais avant la crise. Le ministère souhaite également faire du respect des obligations fiscales un avantage pour les entreprises en règle, en facilitant leurs démarches et en renforçant le lien entre le quitus fiscal et l’accès aux marchés publics.
Dépenses publiques également en hausse
Les dépenses publiques ont, elles aussi, augmenté au premier semestre, de 27,71 %, pour atteindre 2,19 milliards de dollars. L’excédent global s’est néanmoins établi à 1,21 milliard, en hausse de près de 20 % sur un an. Il reste à savoir si les mesures engagées permettront de transformer cette progression semestrielle en recettes durables. L’enjeu est moins d’alourdir la pression fiscale sur les contribuables déjà en règle que de faire contribuer ceux qui échappent encore à l’impôt.