Les Alliés de Kiev travaillent à obtenir une «paix juste et durable» en Ukraine, a affirmé vendredi la porte-parole de l'Otan, après une réunion la veille à Bruxelles, préparatoire à celle attendue la semaine prochaine à Abou Dhabi.

Cette réunion jeudi à Bruxelles entre représentants de l'Otan, des États-Unis, de l'Ukraine, de pays européens et de l'Union européenne «visait à faire progresser une fin juste et durable de la guerre en Ukraine», a affirmé la porte-parole de l'Alliance atlantique, Allison Hart.

Des pourparlers entre Russes et Ukrainiens doivent se dérouler les 10 et 11 novembre à Abou Dhabi sous médiation américaine, pour tenter de trouver une issue au conflit, plus de quatre ans après l'invasion russe de l'Ukraine.

Le président américain Donald Trump a promis à cette occasion un prochain «très grand» accord avec la Russie sur l'Ukraine, ajoutant qu'il «pourrait englober toute l'Europe».

L'un des négociateurs américains, Jared Kushner, gendre de Donald Trump, a précisé de son côté sur X qu'il s'agissait de parvenir à «une architecture de sécurité européenne plus large, susceptible de contribuer à créer les conditions d'une paix durable».

L'expression «architecture européenne de sécurité» est un des éléments de langage clés du Kremlin, depuis des années.

Le président russe Vladimir Poutine l'a encore rappelé le 22 octobre lors d'une interview à la télévision d'Etat. «Le but de ces discussions sera de traiter la question des garanties de sécurité à la fois pour l'Ukraine et pour la Russie (...) dans le cadre d'un accord final» pour la sécurité européenne, a-t-il déclaré.

Les pays européens redoutent de leur côté que cette nouvelle «architecture européenne de sécurité» passe par un affaiblissement de l'Otan.

Jared Kushner, qui a participé jeudi en visioconférence à la réunion tenue à Bruxelles, a toutefois affirmé que l'Alliance Atlantique resterait «au coeur de la défense collective européenne».

L'initiative prise par le président Trump s'appuiera «sur les institutions et les engagements existants», a-t-il assuré.

«Notre objectif est de mettre en place des dispositions concrètes qui répondent aux préoccupations de toutes les parties en matière de sécurité, réduisent le risque de conflits futurs et créent un environnement sécuritaire plus stable et plus prévisible», a-t-il encore résumé.

Les Européens restent toutefois inquiets, et s'attendent à «deux mois difficiles», avant l'entrée en fonction du nouveau Congrès, à majorité démocrate, issu des élections à mi-mandat mardi aux États-Unis, a averti un haut responsable européen.

«Trump va essayer de tout brader à la Russie maintenant», a-t-il mis en garde.

AFP