Le président de la Chambre Nabih Berry refuserait que le juge qui occupera le poste de procureur de la République par intérim, après le départ à la retraite du procureur général actuel, Ghassan Oueidat, soit chiite. Ce dernier atteindra l’âge officiel de la retraite le 4 février. Plusieurs noms circulent pour le remplacer, notamment ceux de deux magistrats chiites: Nada Dakroub et Ali Ibrahim.

Nada Dakroub, présidente de l’Institut des études judiciaires, est par ailleurs la nièce du président de la Chambre et la femme du juge Fadi Akiki, commissaire du Gouvernement près le tribunal militaire, lui-même accusé par les milieux souverainistes d’être proche du Hezbollah.

Ali Ibrahim, procureur général financier, est également connu pour être un proche de M. Berry.

Selon des informations obtenues par Ici Beyrouth, le président de la Chambre insiste pour que le poste soit occupé par un juge sunnite, refusant de rééditer ce qui s’est produit à la Banque du Liban, lorsque le premier vice-gouverneur chiite, Wassim Mansouri, a dû assumer la gouvernance par intérim, ce que Nabih Berry refusait.

Ce refus que le procureur de la République par intérim soit issu de la communauté chiite, et surtout un proche de Nabih Berry, s’expliquerait par le fait que ce dernier ne veut pas porter seul toutes les responsabilités des crises qui touchent le pays, en étant celui qui contrôle le Législatif, les séances électorales pour la présidentielle, la banque centrale, et à partir de février la Justice.

Si le président de la Chambre souhaite véritablement débloquer la situation pour ne pas être en contrôle d’une grande partie des institutions du pays, pourquoi ne convoque-t-il pas de séance électorale et n’empêche-t-il pas ses députés de provoquer un défaut de quorum pour que le Liban puisse enfin avoir un président?!