La députée dite du changement Cynthia Zarazir a " occupé " une agence de la banque Byblos à Antélias pendant plusieurs heures mercredi pour réclamer la modique somme de 8.500 dollars " frais " destinée à couvrir une intervention chirurgicale.

L’élue de Beyrouth I a accaparé l’attention des personnes présentes dans les locaux de l’agence en question, barrant l’accès à la clientèle, et refusant de quitter les lieux avant de recevoir le montant exigé. Un comportement similaire à celui d’environ une dizaine de Libanais, qui avaient investi des banques à travers le pays au cours des dernières semaines pour imposer le retrait de leurs avoirs par la force. Encore heureux que Mme Zarazir n’ait pas eu recours aux armes pour obtenir sa cagnotte!

Il n’est de secret pour personne que le peuple est frustré – à juste titre – de ne pas avoir accès à son argent et de faire face à d’innombrables problèmes au quotidien, mais cela ne justifie en aucun cas le braquage des banques: d’autant plus que ces actes privent d’autres déposants de leurs épargnes. Quel est donc le message qu’essaye de faire parvenir Cynthia Zarazir aux Libanais? Serait-elle en train de les encourager à enfreindre les lois et à porter atteinte à l’ordre public? Ou joue-t-elle le rôle de la jeune héroïne populiste dont le seul but est de prendre à défaut les institutions bancaires pour servir l’intérêt d’un camp politique? Quelle que soit la réponse, ses actions n’étaient certainement pas dignes d’une députée siégeant au Parlement.

En tant que représentante du peuple ayant en principe sa place dans l’hémicycle (en attendant le résultat du recours en invalidation présenté à son encontre par le candidat malheureux Élie Charbachi), il aurait été préférable pour Mme Zarazir de se pencher sur les moyens légaux de récupérer son argent, elle qui s’est engagée à respecter l’application des lois et de la Constitution, au lieu d’inciter ses compatriotes à faire régner le chaos, voire la violence. Qui serait tenu pour responsable si un braquage tournait au drame par malchance ou mauvaise intention?

Que dire également de la députée Halimé Kaakour, qui s’est empressée de rejoindre sa consœur – solidarité féminine oblige – pour camper à ses côtés dans les locaux de la banque? Quel est le changement que veulent mettre en place ces deux femmes? Nul ne le sait vraiment. Une certitude demeure cependant: lancer des slogans accrocheurs mais trompeurs ne suffit plus. Réaliser des vidéos sensationnelles pour les réseaux sociaux ne suffit plus. Il est grand temps que les députés du changement assument leurs rôles et leurs responsabilités. Il y va de l’avenir du pays!

 

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@tyliahelou

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