Les sites officiels du ministère libanais de l’Information et du ministère des Affaires étrangères ont été la cible d’une cyberattaque, mercredi soir. Cette opération a été revendiquée par un groupe se présentant sous le nom de «Fatemiyoun». Les auteurs ont également menacé de diffuser en direct des images montrant le piratage du site du ministère de l’Information.
L’attaque s’inscrit dans une série d’incidents similaires survenus ces derniers jours. Le même nom avait déjà été utilisé lors de menaces visant la chaîne de télévision libanaise MTV, dont le site avait également été piraté, suggérant un mode opératoire récurrent.
À ce stade, les autorités libanaises n’ont pas fourni de détails officiels sur la nature exacte de l’intrusion ni sur l’ampleur des dégâts. Selon les premières indications, il pourrait s’agir d’attaques de type déni de service distribué (DDoS), destinées à saturer les serveurs et à rendre les sites inaccessibles, ou d’une tentative d’intrusion dans les systèmes informatiques.
Un groupe cyber lié à des milices pro-iraniennes
Le groupe qui revendique ces opérations correspond vraisemblablement à Fariq Fatemiyoun al-Electronic (FFE), également appelé Fatemiyoun Electronic Squad, une entité active dans le cyberespace depuis 2020. Il s’agit d’un groupe de façade spécialisé dans les opérations numériques et la propagande en ligne, agissant selon plusieurs analyses au profit de la milice irakienne Kataeb Hezbollah, proche de l’Iran.
FFE affirme mener des attaques contre les sites internet et les comptes de réseaux sociaux considérés comme hostiles à la «résistance», terme utilisé pour désigner l’axe de groupes armés alliés à Téhéran dans la région. Ses activités incluent notamment le piratage de sites ou de comptes en ligne, les campagnes de signalement massif pour faire suspendre des pages adverses, ainsi que le soutien technique aux réseaux numériques proches de ces milices.
Le groupe mène également des opérations de désinformation et de mobilisation en ligne visant à promouvoir les positions de la «résistance», à diffuser des informations – parfois contestées – sur des opérations militaires et à attiser les sentiments anti-américains ou anti-occidentaux.
Selon plusieurs éléments concordants, la Fatemiyoun Electronic Squad fonctionnerait en lien étroit avec l’«Unité 10 000» de Kataeb Hezbollah, présentée comme sa «brigade électronique». Cette structure s’inscrit dans un écosystème plus large combinant propagande numérique, intimidation en ligne et soutien aux activités de groupes paramilitaires affiliés.
Des opérations surtout symboliques
Les experts en cybersécurité estiment que ce type d’attaques vise souvent davantage à créer un impact médiatique et psychologique qu’à provoquer des dommages techniques majeurs. Elles tendent à se multiplier dans les périodes de tensions régionales impliquant l’Iran et ses alliés.
Dans le cas libanais, le ciblage d’institutions publiques et de médias locaux pourrait s’inscrire dans cette logique de démonstration et de pression informationnelle, alors que les investigations techniques se poursuivent pour déterminer l’ampleur réelle de l’attaque.



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