L’Iran ne lâchera que le Hezbollah
©Ici Beyrouth

Les premiers effets de la visite du président américain Donald Trump en Chine se sont manifestés par le passage de trente navires dans le détroit d’Ormuz, sans entraves ni escalade iranienne, comme si ce n’était pas Téhéran qui en contrôlait l’accès.

À partir de ce constat, les regards se tournent vers le blocus maritime imposé par Washington. S’il venait à se poursuivre, cela signifierait que Pékin aurait, en quelque sorte, entièrement lâché Téhéran, et que l’équilibre régional aurait de nouveau basculé au profit des États-Unis et d’Israël.

Contrairement à ce que croient les partisans du Hezbollah, l’arsenal de la milice n’est pas la carte maîtresse de l’Iran dans les négociations. Le véritable levier reste le détroit d’Ormuz. Le Hezbollah a d’ailleurs tenté de relier ce dossier à la guerre au Liban, mais le détroit s’ouvre désormais aux navires tandis que de nouvelles lignes de confrontation apparaissent au sud du pays.

Dans cette configuration, le Hezbollah se retrouve exposé, fragilisé sur la scène régionale et internationale.

Les faits démontrent qu’il ne représente pour l’Iran qu’un outil de marchandage, destiné à maximiser ses gains. D’où la rhétorique de plus en plus déconnectée, faite de promesses et d’illusions, adoptée par la formation pro-iranienne.

Si Téhéran a renoncé à son atout le plus puissant, cela implique qu’elle a déjà abandonné les moins solides, en attendant l’heure de vérité.

Dans le même temps, plutôt que de mesurer la gravité de la situation et d’apaiser les tensions pour préserver sa base, le Hezbollah continue de traiter l’État libanais avec condescendance, refusant de lui reconnaître le droit de négocier pour mettre fin à une crise qu’il a lui-même provoquée. Il exige de l’État qu'il compense ses pertes, mais refuse de lui accorder la légitimité de conduire les discussions.

En somme, le Hezbollah se comporte comme si l’État n’était qu’une banque chargée de couvrir ses déficits, sans jamais participer à ses investissements.

Et le jour viendra peut-être où, mis à l’écart par l’Iran, il implorera cet État même de multiplier les contacts et les négociations directes pour le sauver.

 

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