Grâce à une initiative du contingent français de la Force Commander Reserve (FCR), les habitants chrétiens de Rmeich, Debel et Aïn Ebel se sont rassemblés samedi autour de sœur Maïa, directrice du collège des Sœurs des Saints-Cœurs de Aïn Ebel, afin de célébrer Noël malgré la dégradation de la situation sécuritaire au Liban-Sud.

La bonne humeur et la joie étaient au rendez-vous pour la fête organisée autour de sœur Maïa du collège des Sœurs des Saints-Cœurs.

Les équipes des actions civilo-militaires (CIMIC-Civil Military Cooperation) de la FCR, en soutien à sœur Maïa, figure de proue de la communauté chrétienne de la région, ont réussi l’exploit d’instaurer une "trêve" de Noël dans ce secteur régulièrement bombardé par Israël. Les 200 enfants présents, ainsi que leurs familles, pourront ainsi se retrouver et profiter, l’espace de quelques heures, d’une distribution de cadeaux et d’un repas partagé tous ensemble.

Autour de sœur Maïa et du colonel Matthieu Leroy, commandant de la FCR, des autorités militaires de la FINUL, politiques et religieuses, ont partagé ces moments de joie avec les habitants des trois villages. Banquet, musique, danse, distribution de cadeaux étaient au rendez-vous.

Véritable tour de force de la FCR et de la FINUL, cet événement aura nécessité de nombreuses heures pour être mis sur pied. Soixante-dix militaires du contingent français de la FCR ont créé une véritable bulle de sécurité autour du collège, sur un rayon de 2 km, et cinquante de plus étaient positionnés dans les postes de l’ONU à proximité, prêts à intervenir.

Les forces armées libanaises ont également joué un rôle décisif dans le bon déroulement de la manœuvre tactique en assurant l’escorte des bus des enfants des villages de Rmeich et de Debel jusqu’au collège des Sœurs des Saints-Cœurs et en patrouillant aux côtés des Casques bleus tout au long de la journée. Les CIMIC des contingents irlandais et polonais de la Finul ont également apporté un soutien logistique décisif, rendant possible ce qui paraissait impossible quelques heures auparavant.

L’espace de quelques heures, les habitants des trois villages, notamment les enfants, ont oublié la terreur dans laquelle ils vivent depuis le 8 octobre à cause des échanges incessants de tirs d’artillerie entre le Hezbollah et l’armée israélienne, pour s’adonner à la joie et au plaisir des célébrations de Noël.

La Finul, rappelle-t-on, est très active sur le plan social auprès des populations civiles, tout en soutenant les Forces armées libanaises dans leur fonction de maintien de la stabilité et de la sécurité de l’ensemble du territoire libanais, particulièrement au Liban-Sud.