Trois roquettes sont tombées dans la Zone verte ce mercredi, alors que le parlement irakien tenait une séance parlementaire, dans un pays traversé par une grave crise politique. Des partisans du leader chiite Moqtada Sadr ont également tenté de rejoindre la Zone verte, menant à de violents affrontements avec la police.

Sept membres des forces de l’ordre ont été blessés mercredi dans des tirs de roquettes sur la Zone verte à Bagdad en pleine séance du Parlement, la première en deux mois dans un Irak paralysé par une grave crise politique.

Au même moment, plusieurs centaines de partisans de l’influent leader chiite Moqtada Sadr, rassemblés sur une place du centre de la capitale irakienne, ont tenté de franchir un pont menant à la Zone verte, quartier abritant ambassades occidentales et institutions gouvernementales, dont le Parlement.

La police a tiré des gaz lacrymogènes et des grenades assourdissantes pour entraver leur progression et les empêcher de renverser les immenses murs en béton dressés sur leur route, a constaté un correspondant de l’AFP.

L’impasse est totale en Irak, où les barons de la politique s’affrontent depuis les dernières législatives –organisées il y a près d’un an en octobre 2021– sur le nom du prochain Premier ministre et son mode de désignation.

Mercredi, trois roquettes sont tombées sur différents secteurs de la Zone verte, souvent prise pour cible par des tirs ou parfois assaillie par des manifestants en colère.

" Une roquette est tombée devant le bâtiment du Parlement ", a précisé le communiqué d’une cellule conjointe des forces de sécurité.

" Le nombre de blessés parmi les forces de sécurité est monté à sept ", a précisé cette instance, après avoir donné un premier bilan de quatre blessés, dont un officier.

Séance parlementaire

Aucune information n’a été donnée dans l’immédiat sur les auteurs des tirs, condamnés par le Courant sadriste.

Cette attaque a coïncidé avec une séance du Parlement, la première depuis fin juillet, durant laquelle 222 députés, sur les 235 réunis, ont voté contre la démission du président du Parlement, l’influent Mohamed al-Halboussi, ont annoncé ses services.

Pour des experts, ce vote surprise sur la démission de M. Halboussi s’apparentait en fait à un vote de confiance en faveur du politicien sunnite, sur fond de marchandages politiques et d’alliances entre partis en constante évolution.

Devant les députés, M. Halboussi a réclamé " une issue politique " à la crise dans laquelle est plongé le pays. " Il faut une solution politique globale ", a-t-il martelé.

Dans un pays multiconfessionnel, la vie politique, dominée par les partis chiites, est profondément polarisée entre deux grands pôles.

L’influent chef chiite Moqtada Sadr réclame une dissolution immédiate du Parlement et des législatives anticipées. En face, le Cadre de coordination, alliance regroupant des factions chiites pro-iraniennes, veut la mise en place d’un gouvernement avant tout scrutin.

Le 29 août, les tensions avaient culminé lorsque des partisans de Sadr avaient affronté l’armée et des hommes du Hachd al-Chaabi, d’ex-paramilitaires pro-Iran intégrés aux troupes régulières, et qui sont politiquement opposés aux sadristes. Plus de 30 partisans sadristes sont morts dans ces combats.

La crise actuelle a commencé fin juillet, quand le Cadre de coordination avait annoncé son candidat au poste de Premier ministre, rejeté par le camp sadriste.

Changer les politiciens

Brandissant des portraits de Moqtada Sadr, drapés dans des drapeaux aux couleurs de leur pays, plusieurs centaines de ses partisans se sont réunis en matinée sur l’emblématique place Tahrir, au coeur de Bagdad, pour fustiger la tenue de la séance parlementaire.

" Nous sommes contre les corrompus. Nous voulons changer tous les politiciens ", lance Rassoul Chandi, 32 ans, membre du Courant sadriste.

" Nous avons fourni des martyrs, et ils veulent former un gouvernement, nous n’avons aucune valeur à leurs yeux ", a-t-il fustigé, en allusion aux violences du 29 août.

Des manifestations sont également prévues samedi à Bagdad pour commémorer le troisième anniversaire du soulèvement populaire déclenché en 2019 contre la classe dirigeante d’un pays miné par la corruption et aux infrastructures en déliquescence, malgré ses immenses richesses pétrolières.

" La situation sécuritaire actuelle est le reflet de la situation politique ", a résumé le Premier ministre Moustafa al-Kazimi dans un communiqué, réitérant " un appel au dialogue " entre toutes les forces politiques.

Le nord du pays a par ailleurs été la cible mercredi de tirs de missiles et des frappes de drones armés, qui ont fait neuf morts et 32 blessés au Kurdistan d’Irak. Le voisin iranien a revendiqué ces bombardements visant l’opposition kurde iranienne implantée dans ce secteur.

Avec AFP

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