Une saison des fêtes du Fitr et de Pâques sous le signe de l’optimisme!
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Après des mois de tensions et de conflits, le Liban semble retrouver peu à peu son attractivité touristique, notamment pour les fêtes du Fitr et de Pâques. Alors que la guerre entre le Hezbollah et Israël a profondément affecté le pays en 2024, l'industrie touristique commence à afficher des signes de reprise, boostés par des réservations croissantes et une volonté de rétablir la stabilité dans le secteur.

La guerre entre le Hezbollah et Israël a marqué une année difficile pour le Liban, affectant non seulement la sécurité, mais aussi et surtout l’économie et le secteur touristique. Cependant, après un recul majeur en 2024, les experts estiment que la saison des fêtes du Fitr et de Pâques devrait enregistrer cette année une reprise, surtout que les vacances du printemps en Europe coïncident avec la fête de Pâques.

“Nous sommes optimistes. Les touristes semblent revenir, et les réservations pour les fêtes du Fitr et de Pâques montrent une nette augmentation par rapport aux mois précédents”, a indiqué à Ici Beyrouth le président du Syndicat des propriétaires d'agences de voyage, Jean Abboud. “Il est certain que les réservations vont bondir à l’approche des fêtes. Pour l’instant, nous attendons que les funérailles de Hassan Nasrallah s’achèvent pour avoir une vision plus claire”, a-t-il poursuivi.

Il a rappelé que si les avions sont pleins, c’est parce que “toutes les compagnies aériennes desservant Beyrouth (environ 60) ne sont pas encore de retour, ce qui augmente la pression sur celles qui le font”. Il a tenu toutefois à relever que l’activité à l’Aéroport international de Beyrouth (AIB) a retrouvé 85% de son niveau habituel par rapport à 2024”.

Le président de la Fédération des syndicats touristiques et du Syndicat des hôteliers, Pierre Achkar, a déploré, de son côté, qu’à ce jour “les hôtels n’ont enregistré aucune réservation pour cette période”. Il est à noter que les pays arabes n’ont pas levé l’interdiction de voyager vers le Liban et que les pays européens n’ont pas levé les restrictions de voyage concernant le Liban. M. Achkar assure que “cela prendra du temps” et que, en parallèle, “tout le monde attend ce qui va se passer dimanche, lors des funérailles de Hassan Nasrallah”.   

Pour lui, “le secteur de l’hôtellerie va mal, c’est pire qu’une catastrophe”. Il a expliqué que pour couvrir ses frais de fonctionnement, un établissement hôtelier a besoin d’un taux d’occupation qui varie entre 30 et 50%, ce qui est loin d’être le cas aujourd’hui. Il considère la situation désespérée.

Du côté des maisons d’hôtes, Ramzi Salman, le président de leur syndicat, a assuré à Ici Beyrouth qu’il était optimiste: “L’activité a bien repris” et “les réservations augmentent de jour en jour”.

Pour ce qui est des restaurants, le vice-président du Syndicat des restaurateurs, Khaled Nahla, a indiqué à Ici Beyrouth que la situation est encore floue et que tout le monde attend les funérailles de Hassan Nasrallah. Il a néanmoins affirmé que les restaurateurs sont prêts à accueillir une clientèle en quête de détente et de célébration après une année de guerre.

“Nous constatons un retour progressif de la confiance”, a relevé un propriétaire de restaurant à Ici Beyrouth. De plus, les événements culturels, les festivals religieux et les célébrations du Fitr et de Pâques sont attendus pour booster l'attractivité touristique du pays.

Un secteur lourdement impacté

En 2024, le secteur touristique libanais a subi une débâcle importante, avec une chute de près de 50% du nombre de visiteurs par rapport aux années précédentes, en raison du conflit entre le Hezbollah et Israël. Cependant, 2025 semble augurer d’un retournement de situation, avec une hausse significative des réservations pour les périodes des fêtes.

Les touristes des pays du Golfe, en particulier de l’Arabie saoudite, des Émirats arabes unis et du Koweït, vont sans doute jouer un rôle crucial dans la reprise du secteur. Après un été 2024 marqué par des annulations massives en raison des tensions militaires, les expatriés, tout comme les touristes, semblent prêts à revenir au Liban pour les fêtes.

Cette reprise pourrait marquer un tournant pour le secteur touristique. Si elle se poursuit, elle pourrait constituer un levier important pour la reconstruction économique du pays.

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