Karim Souhaid, nouveau gouverneur de la BDL

Karim Souhaid a été nommé gouverneur de la Banque du Liban, jeudi, lors du Conseil des ministres qui s’est tenu au palais présidentiel de Baabda avec une majorité de 17 voix (7 ont voté contre).

Né en 1964 à Qartaba, au Mont-Liban, Karim Antoun Souhaid est une figure du monde de la finance et de la régulation bancaire, dont l'expertise s'étend des États-Unis au Moyen-Orient. Muni d'une expérience internationale dans la finance, Karim Souhaid a développé une expertise approfondie en régulation financière, transactions publiques et privées, et gouvernance bancaire. Marié et père de trois enfants, Karim Souaid est également le frère de l'ancien député Farès Souhaid.

Formation académique

Karim Souhaid est titulaire d'un diplôme en droit de l'Université Saint-Joseph de Beyrouth. Il a ensuite poursuivi ses études supérieures à la Harvard Law School, aux États-Unis, où il a obtenu un master en droit. Il y a consacré sa thèse à l'étude du Glass-Steagall Act de 1933, une loi clé de la régulation bancaire américaine. Son expertise approfondie en droit bancaire et en régulation financière lui a permis de maîtriser les enjeux de stabilité financière et de gestion des risques systémiques. Il est membre du barreau de l'État de New York depuis 1989.

Parcours professionnel

Karim Souhaid a occupé plusieurs postes de premier plan dans la finance internationale :

  • Directeur général des services bancaires d'investissement chez HSBC, où il a acquis une solide expérience dans la finance mondiale.

  • Co-fondateur et partenaire gérant de GrowthGate Equity Partners, une société basée aux Émirats arabes unis spécialisée dans la gestion d'actifs alternatifs et l'investissement dans des entreprises privées de la région MENA.

  • Membre du conseil d'administration de la Banque "Emirates Lebanon", dirigée par Varouj Nerguizian, conseiller financier du président libanais Joseph Aoun.

  • Expert en régulation bancaire, maîtrisant les législations américaines (Dodd-Frank, Volcker Rule) et libanaises en matière de conformité financière et de supervision bancaire, notamment les normes Bâle III.

  • Architecte de privatisations et de transactions majeures au Moyen-Orient, ayant contribué à la privatisation d'Arab Potash (Jordanie), aux introductions en bourse d'Industries of Qatar et d'Agthia (EAU), ainsi qu'à l'IPO d'Investcom Holding, la plus grande introduction en bourse d'une entreprise moyen-orientale à l'époque.

Réactions et enjeux politiques

Le nom de Karim Souhaid a été cité parmi plusieurs candidats potentiels à la gouvernance de la Banque du Liban, tels que Jihad Azour, Samir Assaf, Eddy Gemayel et Jamil Baz. M. Souhaid aurait notamment reçu le soutien du président Joseph Aoun, bien que son choix soit contesté par le Premier ministre Nawaf Salam, qui soutenait Firas Abi Nassif, un de ses proches issu du groupe Kulluna Irada. Par ailleurs, la communauté internationale suit de près cette nomination, en particulier les États-Unis, qui souhaitent voir à ce poste une personnalité intègre et résolue à appliquer les réformes économiques et bancaires nécessaires.

Contributions académiques et intellectuelles

Karim Souhaid est un contributeur actif dans les domaines de la finance et de la géopolitique. Il a publié des articles dans The Wall Street Journal et The Financial Times, et collaboré avec des chercheurs de Harvard, comme le professeur Josh Lerner, sur des études relatives au private equity au Moyen-Orient.

Karim Souhaid, nouvellement confirmé à la tête de la Banque du Liban, devra s'attaquer à des défis majeurs : restructurer le secteur bancaire, stabiliser la monnaie nationale et mettre en œuvre les réformes demandées par la communauté internationale. Son expérience dans la finance et son expertise en régulation bancaire pourraient en faire un gouverneur efficace, prêt à relever ces défis à un moment crucial pour le Liban, qui traverse une période de transition.

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