La question entre le Liban et le Hezbollah n’est pas une simple querelle politique, mais une question d’appartenance nationale. Le Hezbollah est resté silencieux pendant quinze mois sachant qu’un accord permettait à Israël de poursuivre ses opérations au Liban. Il n’a réagi que lorsque le guide suprême de la République islamique d’Iran, Ali Khamenei, a été assassiné. À ce moment-là seulement, la formation pro-iranienne s’est mobilisée, parce que son autorité religieuse et politique était directement visée. L’assassinat de Libanais, au cours des mois précédents, n’avait pourtant suscité aucune réaction comparable.
C’est là le problème fondamental que vivent les Libanais avec le Hezbollah depuis qu’il s’est engagé dans le conflit régional, déplaçant sa «cause» d’un pays à l’autre et exportant la violence: par les balles en Syrie, par les missiles au Yémen, ou encore par les réseaux de la drogue au Koweït et en Arabie saoudite.
Aujourd’hui, une grande partie de la communauté internationale se dresse contre le Hezbollah, et, fait nouveau, de nombreux Libanais également. Ils savent que six roquettes n’auraient pas empêché la guerre. Mais ils savent aussi que le groupe est devenu expert dans l’art de créer des crises et d’alimenter les tensions.
Le pire dans le discours du secrétaire général du Hezbollah, Naïm Kassem, lors de sa dernière apparition pathétique, tient au fait que la formation pro-iranienne reconnaît que l’équilibre des forces avec Israël est rompu, tout en affirmant combattre «pour l’Histoire».
Or l’Histoire n’attend pas des combats barbares et inutiles. Par compassion pour les peuples, elle préférerait voir cesser ce bain de sang permanent, ces guerres sans fin, afin de préserver ce qui reste des habitants du Liban-Sud sur leur terre et d’éviter l’effondrement définitif de l’État libanais sous le poids de ses équipées insensées.
Si le Hezbollah sait pertinemment que l’équilibre des forces est inexistant face à un État capable d’utiliser les technologies les plus avancées pour éliminer ses membres où qu’ils se trouvent, à quoi ont servi ces six roquettes lancées? Qu’ont-elles changé dans l’équation, sinon à ouvrir les portes de l’enfer sur le Liban et à semer destruction et chaos?
Consciente de son incapacité à combattre Israël dans une guerre conventionnelle, la formation pro-iranienne a néanmoins accepté de devenir un instrument entre les mains de l’Iran, mobilisée sur les lignes de front des crises et engagée dans des combats qui servent avant tout à protéger le régime iranien.
Puisque cette réalité est connue depuis longtemps, pourquoi continuer à faire croire aux Libanais que Jérusalem sera libérée par le Hezbollah? Voilà cinquante ans d’illusions vendues au peuple…



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