
Le chanteur franco-norvégien Aime Simone revient avec REV, un album puissant où se mêlent fiction et engagement personnel. Entre post-pop, trap et witch house, il signe une œuvre radicale marquée par la résilience et l’espoir.
"Une arme et un bouclier": voici comment Aime Simone, artiste parisien révélé par la chanson Shining Light, décrit son troisième album REV, sorti vendredi. Un projet conçu entre fiction et état d'esprit combatif face à "l'adversité dans le monde actuel".
"Il y avait un besoin de transformation", annonce d'emblée Aime Simone dans un entretien à l'AFP.
Après Say Yes, Say No en 2020, puis Oh Glory en 2023, ce nouvel opus témoigne de son évolution, marquée par "un son plus tranchant, plus brut, plus contrasté". L'artiste repousse encore les frontières de son style post-pop en fusionnant trap, punk et witch house (sous-genre dérivé de la house).
L’écart est considérable avec Shining Light, un titre plus épuré et introspectif, centré sur ses failles personnelles.
Ce morceau, certifié diamant et utilisé en 2021 dans une publicité d'une grande enseigne française de bricolage, a fait connaître au grand public cet artiste issu de la scène alternative. Doté d'une créativité sans limites et d’une identité visuelle forte — frange noire et tatouage "reckless" ("téméraire") sur la pommette — Aime Simone s’est rapidement imposé comme une figure singulière.
Longtemps hanté par ses démons, l’artiste choisit aujourd’hui de s’éloigner de l’introspection pure. À 30 ans, il souhaite désormais aborder sa "nouvelle réalité différemment".
Il convoque pour cela la fiction, à travers des chansons construites comme des nouvelles. Au fil des morceaux, se dessine l’histoire d’un ange déchu, désillusionné par le paradis, qui part en quête d’humanité. "Le monde imaginaire, ça nous a permis d’être plus vulnérables, d’aller chercher des choses qu’on n’aurait peut-être pas pu dire en tant que nous", confie-t-il.
Ce "nous", c’est lui et Sonja Fix, sa compagne et directrice artistique. Ensemble, ils forment un duo créatif et indépendant, allant de la composition au mixage.
"Donner de la force"
Plus qu’un simple projet musical, "cet album, ça parle de révolution, de revanche, de révélation. Ce n’est pas que de la musique. C’est un univers total, immersif. Mais c’est aussi un état d’esprit qu’on peut adopter", explique-t-il.
"Celui dont on avait besoin", ajoute Sonja Fix.
"La question est : comment on se positionne dans ce monde compliqué", poursuit Aime Simone, également père d’une petite fille. "Il y a la question de la responsabilité, du futur qu’on construit. Tout ça, ce sont des questions qui sont venues d’un coup, brutalement. Il a fallu prendre position."
"Cet album vient donner de la force", affirme le chanteur, convaincu que le moment est venu de mener le "combat".
"Je pense que notre humanité est en train de vivre une forme de crise existentielle. Il y a le climat politique, mais aussi l’arrivée de l’intelligence artificielle et sa mauvaise utilisation", développe-t-il.
"Cet album, c’est à la fois une arme et un bouclier": une arme pour permettre à chacun de "mener ses propres combats", et un bouclier que l’artiste souhaite brandir pour "protéger le plus de monde possible sous cet étendard, cette musique, cette communauté".
Avec des titres percutants comme Taking My Distance, In My Blood, Fast City ou encore l’hymne brut Lalala, Aime Simone frappe fort. Ces morceaux, comparables à des uppercuts, se prêtent aussi parfaitement au live. L’artiste compte d’ailleurs développer "l’aspect cinématographique" de ses prochains concerts, dont un à l’Olympia prévu le 20 novembre.
Pour lui, la musique est un vecteur de résilience. "Elle peut faire énormément de bien. Elle peut tirer d’affaire les gens qui sont dans des situations difficiles, comme moi je l’ai été il y a quelques années."
Car, conclut-il, "ma ligne conductrice, c’est d’accepter des contextes sombres, d’en parler, pour faire ressortir l’espoir. Par-dessus, faire briller la lumière par contraste, et l’énergie brûlante qui bouillonne en nous."
Avec AFP
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