Ali Larijani, secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale d’Iran, a rencontré lundi des hauts responsables irakiens avant de se rendre au Liban, où le gouvernement prévoit de désarmer le Hezbollah, allié de Téhéran.

Téhéran a subi plusieurs revers dans sa rivalité avec Israël, notamment durant les 12 jours de guerre ouverte entre les deux pays en juin. Israël, brièvement soutenu par les États-Unis, a frappé des installations nucléaires iraniennes, tandis qu’il a également dévasté le Hamas et le Hezbollah depuis fin 2023, tous deux membres de «l’axe de la résistance» anti-israélien soutenu par Téhéran.

La télévision d’État iranienne a indiqué que Larijani effectuait son premier voyage officiel de trois jours depuis sa nomination.

Sa visite à Bagdad intervient dans un contexte de fortes divisions en Irak autour d’une loi proposée qui renforcerait le rôle et potentiellement l’autonomie d’une coalition puissante de paramilitaires pro-iraniens.

Selon la télévision d’État iranienne, Larijani a signé un «mémorandum d’entente sécuritaire conjoint» avec Qassem al-Araji, conseiller à la sécurité nationale irakienne.

Un communiqué du bureau d’Araji précise que les deux responsables ont discuté de la mise en œuvre de cet accord bilatéral ainsi que de la guerre Israël-Hamas dans la bande de Gaza.

Le bureau du Premier ministre irakien Mohammed Shia al-Sudani a confirmé avoir supervisé la signature du mémorandum.

Les détails de cet accord de sécurité n’ont pas été rendus publics.

Un haut responsable irakien a déclaré à l’AFP que l’objectif de la visite de Larijani était d’évoquer l’accord et d’informer l’Irak sur la position de l’Iran concernant les derniers développements du conflit avec les États-Unis et Israël.

Lors de son séjour en Irak, Larijani a également rencontré le président Abdul Latif Rashid et le Premier ministre Sudani, selon l’agence officielle iranienne IRNA. Il a ensuite vu le ministre irakien des Affaires étrangères Fuad Hussein et le président du Parlement Mahmoud al-Mashhadani.

Désarmement du Hezbollah

Le déplacement de Larijani au Liban intervient après l’opposition ferme de Téhéran au plan gouvernemental visant à désarmer le Hezbollah, qualifiée par Beyrouth d’«ingérence flagrante et inacceptable».

Avant son départ, Larijani a déclaré à la télévision d’État : «Notre coopération avec le gouvernement libanais est ancienne et profonde. L’indépendance du Liban nous tient à cœur, et nous y contribuerons».

Lundi, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baqaei, a indiqué que la tournée de Larijani «vise à contribuer au maintien de la paix au Moyen-Orient».

Baqaei a affirmé que l’Iran reconnaît au Liban «le droit de se défendre contre l’agression du régime sioniste (Israël)», ce qui serait «impossible sans capacités militaires et armes».

Avant la guerre avec Israël, le Hezbollah était considéré comme mieux armé que l’armée libanaise. Il a construit sa popularité en partie grâce à sa résistance à Israël, qui a occupé le sud du Liban pendant près de deux décennies jusqu’en 2000.

Affaibli aujourd’hui, le Hezbollah a perdu du terrain et le nouveau gouvernement libanais, soutenu par les États-Unis, cherche à le restreindre davantage.

Samedi, Ali Akbar Velayati, conseiller principal du guide suprême iranien, a qualifié le plan de désarmement du Hezbollah de «soumission à la volonté des États-Unis et d’Israël».

AFP

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