Accidents de la route au Liban: le fléau du téléphone portable au volant
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Nous ne le répéterons jamais assez. Après avoir dressé, la semaine dernière, le constat désastreux du nombre de victimes et des causes multiples des accidents de la route, nous revenons aujourd’hui sur l’un des facteurs les plus meurtriers: l’utilisation du téléphone portable au volant. Il n’est jamais superflu de rappeler ce danger, ni de sensibiliser encore et encore.

Au Liban, les routes continuent de tuer dans une indifférence glaçante. Plus de quarante personnes ont perdu la vie durant le seul mois d’août, et la Yasa, l’Association des jeunes pour la sensibilisation sociale, estime que le millier de victimes pourrait être franchi d’ici à la fin de l’année. Des chiffres qui traduisent une véritable hécatombe et qui ne cessent de croître.

Mais au-delà des excès de vitesse, du non-respect des feux ou des sens interdits, une autre habitude tue: le téléphone au volant. «La majorité des accidents de la route, chaque jour, je le répète, chaque jour, sans exception, sont provoqués par l’utilisation du téléphone», alerte Tony Wahbe, volontaire au sein de la Yasa. Selon lui, l’État doit lancer une campagne d’alerte de grande ampleur et les forces de sécurité doivent renforcer les contrôles.

Car les scènes se répètent. Des conducteurs qui fixent leur écran pour suivre une localisation, qui changent de trajectoire sans lever les yeux ou qui rédigent des messages en oubliant totalement la route. «Nous en sommes témoins quotidiennement: Ce sont les hommes autant que les femmes au téléphone au volant qui provoquent des accidents dramatiques», insiste le bénévole.

Deux personnes interrogées aujourd’hui, qui préfèrent garder l’anonymat, car il n’est jamais bon d’admettre des fautes qui peuvent coûter des vies, racontent leurs propres expériences. Le premier explique avoir frôlé la catastrophe: absorbé par son téléphone, il n’a levé la tête qu’au dernier moment pour voir une voiture foncer droit sur lui. Un coup de frein brutal lui a permis d’éviter l’accident de justesse.

Le second témoigne d’une conséquence moins spectaculaire, mais révélatrice: à deux reprises, distrait par son écran, il a manqué une sortie d’autoroute. Résultat: cinquante minutes perdues pour rebrousser chemin. «Même sans collision, l’usage du téléphone perturbe, ralentit et fatigue les conducteurs. C’est une habitude qu’il faut combattre», confie-t-il.

Les spécialistes insistent sur les mêmes recommandations: privilégier les kits mains libres, poser son téléphone sur un support visible, et surtout résister à la tentation d’écrire ou de consulter un message. Car sur les routes libanaises déjà saturées de dangers, un simple regard détourné peut coûter une vie.
 

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