
Les Houthis au Yémen ont menacé samedi de se venger après la mort de plusieurs de leurs hauts responsables politiques, dont leur "Premier ministre", Ahmad Ghaleb al-Rahwi, tués dans des frappes israéliennes.
"Nous promettons à Dieu, au cher peuple yéménite et aux familles des martyrs et des blessés que nous nous vengerons", a déclaré Mehdi al-Machat, chef du Conseil politique suprême, dans un message vidéo sur Telegram. Il a en outre appelé "toutes les sociétés (étrangères) présentes dans l'entité occupante (Israël, ndlr) à partir "avant qu'il ne soit trop tard".
Les Houthis avaient annoncé plus tôt la mort de leur Premier ministre dans des frappes israéliennes sur Sanaa, le plus haut responsable connu pour avoir été tué dans de tels raids depuis le début de la guerre à Gaza.
"Plusieurs ministres" ont également été tués dans ces frappes menées jeudi qui ont ciblé "une réunion du gouvernement", selon un communiqué de la "présidence" des Houthis cité par leur chaîne Al-Massirah.
Israël mène depuis des mois des frappes contre des cibles des Houthis au Yémen en riposte aux tirs de missiles et de drones des rebelles contre le territoire israélien, la plupart interceptés par l'armée.
Soutenus par l'Iran, ennemi juré d'Israël, les Houthis affirment lancer ces attaques en "solidarité" avec les Palestiniens de la bande de Gaza, en proie à la guerre déclenchée par une attaque du mouvement islamiste palestinien contre Israël le 7 octobre 2023.
"Nous annonçons le martyre du combattant Ahmad Ghaleb al-Rahwi, le chef du gouvernement, avec plusieurs de ses ministres dans l'agression menée jeudi par l'ennemi israélien alors qu'ils étaient en réunion à Sanaa", a indiqué le communiqué des Houthis.
Selon le texte, "plusieurs de leurs collègues ont été blessés, certains grièvement".
Dans un communiqué distinct, les Houthis ont annoncé la nomination de Mohammed Ahmad Mouftah "Premier ministre par intérim" pour succéder à Ahmad Ghaleb al-Rahwi, qui avait été nommé en août 2024.
Les Houthis avaient fait état de frappes jeudi sur Sanaa, sans préciser les cibles. L'armée israélienne avait, elle, indiqué avoir bombardé une "cible militaire" dans la capitale yéménite.
Ce groupe pro-iranien contrôle de vastes pans du pays en guerre depuis 2014, dont la capitale Sanaa, où ils ont installé leurs institutions politiques. Le pouvoir yéménite internationalement reconnu, chassé de Sanaa, a son siège à Aden, la grande ville du Sud.
Mercredi, les Houthis ont revendiqué un tir de missile contre Israël, qui a été intercepté selon l'armée israélienne, quelques jours après des raids aériens israéliens dimanche contre le palais présidentiel et un site de stockage de carburant à Sanaa qui avaient fait 10 morts selon les insurgés.
"Puissance d'Israël"
Après ces raids, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou avait prévenu que "le régime terroriste houthi paiera un prix très élevé pour son agression contre l'État d'Israël".
"Celui qui nous attaque, nous l'attaquons. Celui qui prévoit de nous attaquer, nous l'attaquons. Je pense que toute la région apprend à connaître la puissance et la détermination de l'État d'Israël", avait-il dit.
Israël a ciblé dans ses frappes des régions sous contrôle des Houthis, notamment des ports de l'ouest du pays et l'aéroport de Sanaa.
"Nous ne dévierons pas de la lutte contre le projet américano-sioniste et poursuivrons l'escalade jusqu'à l'arrêt de l'agression et la levée du blocus (israélien) contre Gaza", avait averti le même jour le bureau politique des Houthis.
Outre les attaques en direction du territoire israélien, les rebelles ont repris en juillet, après une pause de plusieurs mois, leurs attaques au large du Yémen, en mer Rouge ou dans le Golfe d'Aden, contre les navires qu'ils accusent de liens avec Israël.
En mai, ils avaient conclu une trêve avec les États-Unis ayant mis fin à des mois de bombardements américains au Yémen en échange de l'arrêt des attaques contre les navires dans cette voie maritime stratégique pour le commerce mondial.
La guerre au Yémen a fait des centaines de milliers de morts et plongé ce pays le plus pauvre de la péninsule arabique dans l'une des pires crises humanitaires au monde.
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