Un match à rattraper, une place à reprendre, un statut à confirmer. En corrigeant le calendrier contre Bourj (4-1), Ansar a repris la tête et s’est offert le titre symbolique de “champion d’aller”, deux points devant Nejmeh. Une soirée où les Verts ont joué comme un leader : démarrage fort, gestion du trouble, finition nette.
Il y a des équipes qui subissent le calendrier. Et il y a celles qui s’en servent. Ansar, lui, avait cette rencontre en retard comme un caillou dans la chaussure du classement : une anomalie, une ligne en suspens, un hiver sans verdict clair. Quand le rattrapage arrive, il faut le transformer en avantage — pas en piège. Mission remplie.
À la Cité sportive Camille Chamoun, les Verts n’ont pas “juste” gagné : ils ont remis l’aller au propre, avec une victoire large (4-1) et une première place récupérée sans discussion. Au Liban, où les demi-saisons se jouent souvent sur des détails, ce genre de match est un test de nerfs autant qu’un test de foot.
Deux coups avant la pause
Le scénario a basculé en trois minutes. Hicham Houssameddine ouvre la voie (38e), Mohammad Hbous enchaîne (41e). À 2-0 à la mi-temps, Ansar avait déjà choisi le tempo : sérieux, vertical, efficace. Bourj a passé une grande partie du match à courir après le ballon… et après le score.
Le petit frisson… et la fermeture éclair
Au retour, Bourj trouve enfin une brèche avec Mamadou Touré (73e). Pendant quelques minutes, on a senti ce parfum typique des matchs à rattraper : l’équipe attendue commence à douter, l’autre y croit, la rencontre s’électrise, le classement tremble.
Sauf qu’Ansar a répondu comme une équipe qui connaît son rang. Ali Tneich “el-Sissi” remet l’écart à l’abri (81e), Mohammad Nasser plie l’affaire (87e). Score final 4-1 : un rattrapage transformé en déclaration.
Avec ce succès, Ansar grimpe à 28 points et repasse en tête, deux longueurs devant Nejmeh (26). Bourj reste à 10 points, englué dans le bas de tableau.
Safa profite aussi du rattrapage, le top 6 bouge
Dans l’autre match en retard, Safa a fait le minimum… et le nécessaire : 1-0 contre Shabab al-Sahel, but de Hussein Haidar (69e). Trois points qui déplacent des lignes : Safa remonte 6e avec 14 points (devant La Sagesse à la différence de buts), tandis que Shabab al-Sahel reste 5e avec 16 points. Là aussi, le calendrier en retard n’est pas une note de bas de page : c’est un levier.
Une institution
Ce retour au sommet n’est pas une surprise sortie de nulle part. Ansar, fondé en 1951 et ancré à Tariq el-Jdideh, traîne derrière lui une histoire lourde, un palmarès qui pèse, et une culture de la première place. Le club a longtemps incarné la référence du championnat, notamment avec une période de domination qui a marqué toute une génération.
Aujourd’hui, le décor a changé, la concurrence s’est durcie, mais l’idée reste la même : quand Ansar a une ouverture, il la transforme. Ce match en retard n’était pas un simple “rattrapage” : c’était une fenêtre pour reprendre la main. Les Verts l’ont franchie sans trembler.
L’aller a désormais son patron officiel. Le retour, lui, dira si cette première place est un passage… ou une adresse.




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