L’ambassadeur américain auprès des Nations unies, Mike Waltz, a qualifié lundi le président vénézuélien Nicolás Maduro de «terroriste» et de «trafiquant de drogue» lors d’une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU, l’accusant d’opprimer son peuple et d’alimenter l’hostilité envers les États-Unis.
Selon le diplomate américain, le dirigeant vénézuélien entretient des liens avec des acteurs jugés hostiles par Washington. Il a affirmé que M. Maduro avait soutenu le Hezbollah et communiqué avec des organisations iraniennes qualifiées de «malveillantes».
Mike Waltz a également rappelé que plus de 50 pays ne reconnaissent pas Nicolás Maduro comme le président légitime du Venezuela, soulignant l’isolement diplomatique du pouvoir en place à Caracas.
«Intégrité territoriale»
Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a appelé lundi au respect de l'«indépendance politique» des États après l'intervention américaine au Venezuela que les Etats-Unis ont défendu devant le Conseil de sécurité comme une «opération de police» contre le «fugitif» Nicolás Maduro.
«Dans des situations aussi confuses et complexes que celle à laquelle nous faisons face, il est important de respecter les principes», notamment «le respect des principes de souveraineté, d'indépendance politique et d'intégrité territoriale des États», a déclaré Antonio Guterres dans un discours lu par la sous-secrétaire générale Rosemary DiCarlo lors d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité.
«Je suis très inquiet concernant une possible intensification de l'instabilité du pays, l'impact potentiel sur la région et le précédent que cela peut représenter pour la façon dont les relations entre États sont conduites», a-t-il ajouté, répétant son inquiétude quant au fait que «des règles du droit international n'aient pas été respectées» lors de l'opération militaire de samedi.
La Colombie, nouveau membre du Conseil qui avait formellement requis cette réunion d'urgence après la demande de Caracas, s'est elle inquiétée des intentions américaines.
La Charte de l'ONU «permet l'utilisation de la force uniquement lors de circonstances exceptionnelles en légitime défense (...) ou avec l'autorisation expresse de ce Conseil», mais «même dans ces cas, cela ne veut pas dire prendre le contrôle politique d'un autre État», a déclaré son ambassadrice Leonor Zalabata Torres.
L'ambassadeur américain Mike Waltz a lui défendu une «opération de police chirurgicale contre deux fugitifs inculpés par la justice américaine, les narcoterroristes Nicolás Maduro et Cilia Flores».
«Comme l'a dit le secrétaire (d'État Marco) Rubio, il n'y a pas de guerre contre le Venezuela ou son peuple. Nous n'occupons pas un pays», a-t-il assuré, notant par ailleurs qu'il n'était pas possible de permettre que «les plus grandes réserves d'énergie du monde restent sous le contrôle d'adversaires des États-Unis».
Lors de cette réunion d'urgence, plusieurs membres du Conseil, comme la France ou le Royaume-Uni, ont oscillé entre rappel du droit international et défense des intérêts d'un peuple dirigé jusqu'alors par un président à la légitimité contestée.
Les Vénézuéliens «méritent un gouvernement qui reflète leur vote et offre un avenir plus stable et prospère», a insisté l'ambassadeur britannique par intérim James Kariuki, demandant une transition «pacifique» vers un «gouvernement légitime».
Quelques-uns s'en sont pris directement aux États-Unis, comme la Russie et la Chine qui ont réclamé la libération de Nicolás Maduro.
L'ambassadeur russe Vassili Nebenzia a vivement condamné un «signe avant-coureur d'un retour à l'ère» de la «domination américaine par la force et l'illégalité».
«Nous espérons que vous abandonnerez le deux poids, deux mesures et ne tenterez pas de justifier une telle agression scandaleuse par peur de mettre en colère le gendarme américain du monde qui tente de ressurgir», a-t-il lancé.
L'ambassadeur vénézuélien à l'ONU Samuel Moncada lui a demandé le soutien du Conseil pour demander aux États-Unis de «respecter pleinement l'immunité du président Nicolas Maduro et de la Première dame Cilia Flores ainsi que leur libération immédiate et leur retour» au Venezuela.
AFP



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