Le Premier ministre, Nawaf Salam, a confirmé l’engagement ferme de son gouvernement à consacrer le principe de l’exclusivité des armes aux mains de l’État. Lors d’un entretien accordé jeudi à l’émission Sar el-Waet sur MTV, il a annoncé que l’armée libanaise avait achevé la première phase de son plan de déploiement, rétablissant le contrôle sur la zone au sud du Litani, une première selon lui depuis 1969. L’objectif, a-t-il précisé, est désormais de contenir les armes dans le Sud et de les encadrer dans les autres régions, dans le cadre d’une stratégie nationale assumée par l’État.
Dans cette optique, le chef du gouvernement a révélé que le Liban travaille à la tenue d’une conférence internationale destinée à mobiliser un soutien financier et logistique en faveur de l’armée libanaise, afin de lui permettre de mettre en œuvre pleinement cette stratégie. Des contacts sont en cours avec des pays arabes ainsi qu’avec des partenaires occidentaux, notamment les États-Unis et la France.
Sur le volet de la reconstruction, M. Salam a annoncé que les travaux débuteront dans le Sud d’ici deux semaines. Il a confirmé que le Liban a obtenu 52 millions de dollars de la Banque mondiale, tandis que 70 millions de dollars supplémentaires devraient être débloqués dans les semaines à venir par d’autres bailleurs de fonds. Il a insisté sur le fait que la reconstruction relève exclusivement de la responsabilité de l’État libanais, précisant que des démarches actives sont menées auprès des institutions internationales et des donateurs.
Enfin, sur le plan politique et diplomatique, le Premier ministre a affirmé qu’il n’existe aujourd’hui aucune alternative à l’intensification des efforts diplomatiques pour protéger le Liban et préserver sa stabilité dans un contexte régional tendu.
Bilan des accomplissements du gouvernement
Revenant sur l’action de son Cabinet depuis sa prise de fonctions, M. Salam a souligné que la priorité absolue du gouvernement a été, et demeure, la restauration de la confiance des citoyens envers l’État. Il a estimé que cette exigence a guidé l’ensemble des décisions prises au cours de l’année écoulée.
Il a mis en avant des avancées dans les domaines des réformes financières, administratives et judiciaires, qualifiées de structurantes pour la reconstruction de l’État. Il a également rappelé que son gouvernement avait assumé des choix difficiles, notamment en affirmant que la Gap Law, bien qu’« imparfaite », est nécessaire, car le statu quo n’est plus tenable et que la responsabilité doit être assumée.
Sur le dossier des réfugiés syriens, Nawaf Salam a indiqué que plus de 400.000 Syriens ont été rapatriés, qualifiant cette évolution de pas important vers le rééquilibrage social et économique du pays.
L’affaire Abou Omar: une escroquerie, pas un dossier politique
Le Premier ministre est revenu sur le dossier dit d’Abou Omar, en référence à l’affaire du présumé prince saoudien, rejetant toute lecture politique de cette affaire. Il a affirmé qu’il s’agit d’une opération de fraude et d’escroquerie, dont la dimension politique apparente ne serait qu’un habillage destiné à servir des intérêts financiers.
M. Salam a regretté que plusieurs responsables politiques aient été piégés, tout en dénonçant les tentatives d’instrumentalisation de cette affaire pour porter atteinte à la légitimité du gouvernement. Il a insisté sur un principe qu’il dit appliquer strictement depuis son arrivée à la tête de l’exécutif: «lever la main du politique sur la justice», refusant toute ingérence dans le travail judiciaire.
Pour le chef du gouvernement, le respect de l’État de droit demeure une condition indispensable à la restauration de la confiance, fil conducteur d’un mandat qu’il affirme vouloir placer sous le signe de la souveraineté, de la responsabilité et de l’autorité exclusive de l’État libanais.



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