Les autorités libanaises ont officiellement condamné les récents développements survenus après que le Hezbollah a tiré des roquettes en direction d’Israël, entraînant une riposte israélienne contre le territoire libanais.
Le président de la République, Joseph Aoun, a déclaré que le lancement de roquettes depuis le territoire libanais à l’aube vise à compromettre l’ensemble des efforts entrepris par l’État pour maintenir le pays à l’écart des affrontements militaires dangereux que connaît la région. Il a rappelé avoir mis en garde à plusieurs reprises contre les répercussions de ces tensions sur le Liban, appelant à la retenue et à une gestion responsable fondée sur la primauté de l’intérêt national.
Le chef de l’État a ajouté que, tout en condamnant les attaques israéliennes contre le territoire libanais, il met en garde contre toute tentative d’utiliser à nouveau le Liban comme plateforme pour des guerres de soutien qui ne le concernent pas. Une telle dérive exposerait le pays à de nouveaux risques, dont la responsabilité incomberait aux parties ayant ignoré les appels répétés à préserver la sécurité et la stabilité nationales. Il a souligné que l’État ne permettra pas la répétition d’un tel scénario et que les Libanais n’accepteront pas de revivre de nouvelles épreuves, alors qu’ils s’emploient encore à panser les plaies des précédents affrontements.
De son côté, le Premier ministre Nawaf Salam a fermement condamné les tirs de roquettes depuis le sud du Liban, les qualifiant d’acte «irresponsable et suspect». Il a estimé qu’ils mettent en péril la sécurité et la stabilité du pays et offrent à Israël des prétextes pour poursuivre ses agressions. «Nous ne permettrons pas que le pays soit entraîné dans de nouvelles aventures périlleuses. Toutes les mesures nécessaires seront prises afin d’identifier et d’arrêter les responsables, et d’assurer la protection des citoyens libanais», a-t-il affirmé.
Le chef du gouvernement a par ailleurs appelé à la tenue d’une réunion d’urgence au Palais présidentiel de Baabda à 8 heures lundi matin, afin d’examiner les derniers développements et de prendre les mesures nécessaires.
Le ministre de l’Intérieur, Ahmad Hajjar, a indiqué suivre de près «la situation sécuritaire et les développements récents sur le terrain», selon l’Agence nationale d’information. Il a pris contact avec l’ensemble des Mohafez, leur demandant d’être présents dans leurs bureaux et de faciliter les démarches pour les habitants déplacés.
Il s’est également rendu au siège de la Direction générale des Forces de sécurité intérieure, où il a tenu une réunion avec le directeur général des FSI et le chef de la Division des renseignements. Des directives ont été données pour faciliter la circulation des déplacés, garantir leur sécurité et réduire les embouteillages, tout en assurant une coordination continue entre les unités concernées en fonction de l’évolution de la situation.
Sur le plan éducatif, le ministère de l’Éducation a annoncé la suspension des cours lundi dans l’ensemble du pays.
Le centre de gestion des risques a publié une liste de plusieurs établissements scolaires à Beyrouth qui ont ouvert leurs portes pour accueillir les personnes déplacées fuyant les frappes israéliennes.



Commentaires