À l’occasion du premier anniversaire de son mandat, le président libanais Joseph Aoun a dressé dimanche soir un bilan de sa première année à la tête de l’État, lors d’une interview accordée à la chaîne publique Télé Liban, mettant l’accent sur la souveraineté nationale, le contrôle des armes et le rôle de l’armée dans la sécurité intérieure.
«Le monopole des armes et la décision de guerre et de paix sont parmi les fondations de l’État», a déclaré le chef de l’État, rappelant que ce principe figurait dans son discours inaugural et dans le programme ministériel du gouvernement. «Ce n’est pas une exigence imposée par des puissances étrangères, mais une demande interne, nécessaire pour construire un État fort et souverain», a-t-il insisté.
Rôle de l’armée
Joseph Aoun a souligné le rôle central de l’armée dans le Sud, où les forces libanaises ont récemment pris le contrôle opérationnel de la zone au sud du fleuve Litani. «Le commandant de l’armée a annoncé il y a deux jours la fin du contrôle opérationnel sur la zone sud du Litani. Cela signifie que l’armée peut désormais prévenir et stopper toute activité militaire illégale dans cette région», a-t-il précisé. Le président a toutefois reconnu la difficulté de repérer l’ensemble des caches et tunnels d’armes en raison de la topographie complexe de la zone, marquée par des vallées et des forêts.
Le président a également détaillé les mesures de restriction des armes mises en œuvre à travers le pays, incluant les groupes armés non étatiques et les camps palestiniens dans le Sud. Il a insisté sur le caractère progressif de l’opération : «Le retrait des armes ne se fait pas du jour au lendemain. Il faut être réaliste, prendre en compte les capacités de l’armée, tout en assurant sa présence sur l’ensemble du territoire pour contrôler les frontières, lutter contre le terrorisme et le trafic de drogue», a-t-il expliqué. L’armée a déjà perdu douze martyrs dans le Sud lors d’opérations contre des explosifs, dont certains étaient des experts en génie militaire.
Le président, un «arbitre»
Joseph Aoun a également évoqué le fonctionnement des institutions publiques et l’exercice des pouvoirs présidentiels. «Il y a des pouvoirs écrits et des pouvoirs tirés de la pratique. Le président de la République doit être un arbitre, et non une partie au conflit. Il doit exercer ses responsabilités pour assurer le fonctionnement des institutions et maintenir la stabilité», a-t-il insisté. Il a rappelé le nombre de décrets adoptés cette année : 2 240, dont 1 249 ordinaires et 951 adoptés par le Conseil des ministres, ainsi que 45 réunions de cabinet et 1 038 décisions prises.
Sur le plan politique, le président a affirmé que sa première année avait permis de concilier plusieurs exigences : la souveraineté nationale, la restauration des territoires occupés, la paix civile et la stabilité intérieure. «Le peuple libanais veut un accord national et la paix civile. Nous avons préservé la stabilité et empêché l’effondrement, tout en œuvrant pour rétablir l’État», a-t-il déclaré.
Enfin, Joseph Aoun a rappelé les défis liés aux ressources limitées de l’armée et à la multiplicité de ses missions : «La mission confiée à l’armée est vaste, mais nous avançons pas à pas. L’essentiel est que la sécurité des citoyens et la souveraineté de l’État soient garanties».



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