Le Liban va former une délégation pour négocier avec Israël afin de stopper la guerre
Une unité d’artillerie israélienne déployée à une position en Haute-Galilée, dans le nord d’Israël près de la frontière avec le Liban, tire en direction du sud du Liban le 14 mars 2026. ©Jalaa Marey / AFP

Le Liban va former une délégation pour négocier avec Israël la fin de la guerre qui l'oppose au Hezbollah pro-iranien, a indiqué samedi une source officielle à l'AFP, sans toutefois qu'aucune date ou lieu de telles discussions n'aient encore été fixés.

«Des négociations sont à l'ordre du jour et les préparatifs pour la formation d'une délégation sont en cours», a affirmé samedi cette source, tout en relevant qu'il «faut aussi un engagement israélien en faveur d'une trêve ou d'un cessez-le-feu».

Paris et Chypre sont envisagés pour accueillir de tels pourparlers, selon elle.

En visite à Beyrouth, le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, avait affirmé plus tôt que «des voies diplomatiques étaient possibles» pour faire taire les armes.

La diplomatie française a elle, indiqué avoir «proposé de faciliter» des pourparlers, mais a démenti l'existence d'un «plan français», après que le site américain Axios, citant trois sources au fait du dossier, a fait état d'une proposition de Paris prévoyant la reconnaissance de l'État d'Israël par le Liban.

Le président français, Emmanuel Macron, avait plus tôt appelé Israël à accepter des "discussions directes" avec l'exécutif libanais et «toutes les composantes» du Liban.

Les frappes israéliennes au Liban ont fait au moins 826 morts, dont 106 enfants, et plus de 830.000 déplacés depuis début mars, selon le dernier bilan officiel.

"Longue confrontation" 

M. Guterres a aussi exhorté la communauté internationale à soutenir «l'État libanais et les forces armées libanaises pour leur assurer les capacités et les ressources nécessaires».

Le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre régionale le 2 mars, en lançant des missiles sur Israël pour venger la mort du guide suprême Ali Khamenei, tué au premier jour de l'offensive israélo-américaine contre l'Iran.

Son chef Naïm Qassem a averti vendredi que le groupe était prêt à «une longue confrontation» avec Israël.

Le Hezbollah a revendiqué samedi de nouvelles attaques contre le nord d'Israël, et dit dans la soirée être engagé dans des affrontements «directs» avec des forces israéliennes dans le sud du Liban.

L'armée israélienne intensifie elle ses frappes sur le pays voisin.

Selon Axios, citant des responsables israéliens et américains, «Israël prévoit d'étendre considérablement son opération terrestre au Liban», pour «s'emparer de toute la zone au sud du fleuve Litani», à 30 km de la frontière avec Israël, «et démanteler l'infrastructure militaire du Hezbollah».

La Turquie a dit samedi redouter qu'Israël ne commette «un nouveau génocide», sous couvert de lutte contre le Hezbollah, appelant la communauté internationale à «prendre des mesures immédiates».

 Ambulances visées 

Selon le ministère libanais de la Santé, au moins 17 médecins, secouristes et infirmiers ont été tués samedi à Burj Qalawiya, dans le sud, après une frappe sur Sawaneh qui a tué deux ambulanciers affiliés au Hezbollah pro-iranien et à son allié Amal.

L'établissement touché appartient au Comité islamique de la santé, lié au Hezbollah.

Au total, 31 personnels médicaux ont été tués depuis le 2 mars, d'après les autorités, qui accusent Israël de «cibler» les ambulanciers en intervention.

L'armée israélienne, selon laquelle le Hezbollah utilise des ambulances et infrastructures médicales «à des fins militaires», a dit avoir frappé des membres du groupe «qui acheminaient des roquettes» près de Burj Qalawiya.

Un autre bombardement israélien samedi a fait un mort et quatre blessés dans un immeuble résidentiel d'une banlieue au nord de Beyrouth, Nabaa-Bourj Hammoud, déjà visée la veille, selon les médias libanais.

«C'est la première fois que cela arrive» dans ce quartier densément peuplé, connu pour son importante communauté arménienne et épargné lors du précédent conflit entre Israël et le Hezbollah en 2024, témoigne Levon Ghazalian, 42 ans, un habitant.

«On ne sait jamais d'où viendra la prochaine frappe», se désole Hanadi Hachem, 50 ans, qui dit dormir avec d'autres proches dans leur voiture.

Une frappe a également touché un appartement des environs de Saïda, sur la côte méridionale, provoquant un incendie, a constaté un correspondant de l'AFP.

M. Guterres, qui a rencontré samedi le chef d'état-major de l'armée, Rodolphe Haykal, a par ailleurs appelé à la fin des attaques «inacceptables» contre les Casques bleus.

Vendredi, des tirs israéliens ont touché un quartier général de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) dans le sud, selon l'Ani. La Finul a annoncé l'ouverture d'une enquête.

La semaine dernière, trois Casques bleus ghanéens avaient été blessés par des tirs, selon la Finul, présente dans le sud du Liban depuis 1978.

AFP

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