Le Syndicat des enseignants a adressé une lettre ouverte au Parlement, aux commissions et aux blocs parlementaires, afin de demander l’amendement du projet de loi sur la Gap Law pour y inclure les fonds des caisses des enseignants, lourdement affectés par la crise économique.
Dans sa lettre, l’organisation syndicale souligne la situation critique des enseignants titulaires et retraités, ainsi que des collègues ayant perçu leurs indemnités après 2019, dont la valeur réelle a été fortement réduite par l’effondrement financier du pays. Les enseignants retraités, souvent après quarante années de service, perçoivent aujourd’hui des pensions mensuelles comprises entre 20 et 30 dollars, un montant insuffisant pour couvrir leurs besoins essentiels.
«Fidèles à notre responsabilité syndicale et morale envers nos membres, nous adressons cette lettre dans l’espoir de rétablir la justice envers une catégorie qui constitue l’un des piliers fondamentaux de la société et de l’État», écrit le syndicat.
Inclusion urgente des fonds des caisses
Le syndicat appelle à l’amendement du projet de loi pour y inclure explicitement les fonds de la Caisse d’indemnités des enseignants, estimés à plus de 800 millions de dollars de pertes depuis la crise, ainsi que ceux de la Caisse de solidarité, évalués à environ 4 millions de dollars.
«Ces caisses ne sont ni des institutions commerciales ni des entités d’investissement. Elles ont été créées exclusivement pour garantir une retraite digne à des milliers d’enseignants ayant servi le Liban pendant des décennies», rappelle la lettre. L’exclusion de ces fonds de la Gap Law constituerait, selon le syndicat, «une profonde injustice pour une catégorie déjà durement éprouvée et va à l’encontre des principes de justice et d’équité qui devraient guider toute démarche législative».
Une protection constitutionnelle des droits acquis
Le syndicat attire également l’attention sur le fait que ces fonds sont des droits acquis protégés par la Constitution libanaise, notamment l’article 15, qui garantit la propriété privée et interdit toute atteinte sans indemnisation équitable. Ces ressources, issues de retenues obligatoires sur les salaires des enseignants, ne relèvent pas d’investissements à risque.
«Toute législation ignorant ces pertes ou soumettant les enseignants à des critères discriminatoires violerait le principe de protection des droits acquis, celui d’égalité devant la loi et la justice sociale», avertit le syndicat.
Sécurité sociale et rôle éducatif
Le droit des enseignants à la restitution de leurs fonds s’inscrit également dans le cadre de la sécurité sociale, un principe constitutionnel fondamental. Les caisses d’indemnités, de retraite et de solidarité représentent l’expression concrète de ce droit, en particulier pour la retraite et la protection de la vieillesse.
«Toute atteinte à ces caisses ou leur exclusion d’une solution législative transférerait injustement le coût de l’effondrement économique sur une catégorie éducative essentielle, en contradiction avec le devoir de l’État de protéger ses forces actives et productives», conclut la lettre.
Un appel au Parlement
Le syndicat appelle donc les commissions parlementaires, les blocs et les députés à amender le projet de loi avant son adoption définitive, afin de garantir la restitution des fonds des caisses éducatives et syndicales à leur valeur réelle, en livres libanaises ou en dollars, et de préserver les droits et la dignité des enseignants.
«Nous espérons que le Parlement agira pour protéger notre rôle éducatif fondamental dans la formation des générations futures», conclut la lettre ouverte.



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