Plusieurs pays européens ont convoqué cette semaine les ambassadeurs iraniens pour protester contre la répression meurtrière des manifestations à l’échelle nationale en Iran, qui défient le régime clérical en place depuis 1979.
L'Union européenne a convoqué l'ambassadeur d'Iran à Bruxelles, a indiqué un responsable européen sous couvert d'anonymat, sans donner plus de détails.
L’Allemagne a reçu l’ambassadeur d’Iran mardi, exhortant Téhéran à «mettre fin à la violence contre ses propres citoyens» et qualifiant la répression de «choquante». Le Royaume-Uni a fait de même, la ministre des Affaires étrangères Yvette Cooper convoquant l’envoyé iranien à Londres pour obtenir des explications sur les «rapports horrifiants» de violences et de répression.
La France, par la voix de son ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot, a également convoqué l’ambassadeur pour condamner la «violence d’État contre des manifestants pacifiques».
L’Irlande a reporté la cérémonie de présentation des lettres de créance du nouvel ambassadeur iranien, Eshaq Al-Habib, en raison des violences en cours et de la coupure totale d’Internet, tandis que le Premier ministre Micheal Martin a souligné la nécessité de plus grandes libertés et d’une gouvernance plus démocratique.
Le Portugal a également convoqué l’ambassadeur à Lisbonne, dénonçant la «répression violente des manifestations» et se disant prêt à renforcer les sanctions de l’UE.
Le mouvement de contestation, débuté le 28 décembre sur fond de crise économique, constitue l’un des plus grands défis au régime iranien depuis la révolution islamique de 1979.
Selon l’ONG Iran Human Rights (IHR), basée en Norvège, au moins 3.000 manifestants ont été tués, environ 10.000 arrêtés, et le bilan réel pourrait être plus élevé, certains rapports non confirmés évoquant jusqu’à 6.000 décès.
Les autorités ont imposé un blackout total d’Internet depuis le 8 janvier, compliquant la collecte d’informations.
Les pays européens coordonnent de plus en plus leur pression diplomatique, insistant sur la protection des droits humains, le droit de manifester et la fin de la répression violente en Iran.



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