Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a confirmé ce mardi que l’armée israélienne avait tué Ali Larijani, secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, lors d’une frappe aérienne à Téhéran dans le cadre de l’opération menée contre l’Iran.
La disparition de Larijani survient dans un contexte de guerre ouverte après la mort de l’ayatollah Ali Khamenei fin février, qui avait déjà bouleversé la hiérarchie du régime iranien et ouvert un vide stratégique au sommet de l’État.
Un homme au cœur du pouvoir révolutionnaire iranien
Larijani, âgé de 67 ans, n’était ni président ni guide suprême, mais depuis début 2026, il tenait de fait les rênes d’un Iran sur le fil du rasoir. Alors que les manifestations nationales secouaient le pays et que les menaces américaines et israéliennes s’intensifiaient, Khamenei lui avait confié la coordination des décisions critiques, mettant progressivement le président Massoud Pezeshkian – chirurgien devenu politicien – en marge du pouvoir.
Larijani n’est pas un homme sorti de nulle part. Issu d’une famille de l’élite politique et religieuse iranienne, il a servi comme commandant au sein des Gardiens de la Révolution, acquérant légitimité et expérience à la fois dans le politique et le militaire. Pendant douze ans, il a présidé le Parlement, et en 2021, Khamenei lui confia une mission diplomatique majeure : négocier avec Pékin un accord stratégique de vingt-cinq ans, ancrant l’Iran dans l’orbite chinoise.
L’homme providentiel d’une crise existentielle
En 2026, Larijani cumulait des responsabilités cruciales: supervision de la répression des manifestations internes, coordination des négociations nucléaires avec Washington, gestion des relations avec Moscou, Doha et Mascate, et planification des réponses militaires à une attaque américaine. Nasser Imani, analyste proche du gouvernement iranien, résumait sa position ainsi: «Le guide suprême fait pleinement confiance à Larijani. Il croit que Larijani est l’homme de cette jonction sensible en raison de son bilan politique, de son esprit acéré et de ses connaissances».
Lors d’une visite à Doha en février, Larijani avait affirmé à Al Jazeera: «Nous ne cherchons pas la guerre, et nous ne l’engagerons pas. Mais si elle nous est imposée, nous répondrons».
Une omniprésence médiatique calculée
Dans les semaines précédant sa disparition annoncée, Larijani avait intensifié sa visibilité : voyages à Moscou pour rencontrer Vladimir Poutine, réunions avec des dirigeants du Moyen-Orient et des négociateurs nucléaires, interviews télévisées prolongées. Sur les réseaux sociaux, il publiait selfies, visites à des sanctuaires et photos depuis la passerelle d’avions, mêlant image de proximité avec un rôle stratégique opaque.
Malgré son influence, Larijani ne pouvait pas prétendre succéder à Khamenei : le rôle de guide suprême exige le statut de haut clerc chiite, qu’il ne possède pas. Son bilan, notamment la répression violente des manifestations de 2022-2023 ayant causé la mort d’au moins 7 000 manifestants selon des ONG, le rendait profondément impopulaire auprès d’une partie de la population.



Commentaires