Mika de retour avec «Hyperlove», un album façon «opéra électronique»
Le chanteur et auteur-compositeur britanno-libanais Mika (né Michael Holbrook Penniman) pose lors d’une séance photo à Paris le 13 janvier 2026. ©Joel SAGET / AFP

Après sept ans d’absence en anglais, Mika signe son retour avec Hyperlove, un album pop ambitieux conçu comme un «opéra électronique». L’artiste américano-libanais explore l’amour, l’âme et la machine, dans un projet libre et foisonnant, tout en confirmant le lien privilégié qu’il entretient avec la France, où il sera président d’honneur des prochaines Victoires de la musique.

Mika revient à l’anglais vendredi avec Hyperlove, manège des émotions fidèle à l’univers fantasque de ce chanteur pop américano-libanais, chouchou notamment du public français depuis Relax, take it easy et président d’honneur des prochaines Victoires de la musique.

Sept ans que Mika n’avait pas sorti d’album dans la langue de Shakespeare: son dernier opus, en 2023, se déclinait uniquement en français et rendait hommage à sa mère décédée d’un cancer.

À 42 ans, l’auteur-compositeur-interprète livre un nouveau projet à son image, coloré mais «pas du tout lisse», entre notes de piano et synthés analogiques, a-t-il confié à l’AFP lors d’une rencontre à Paris, avant une tournée européenne dès février.

QUESTION: Vous avez été choisi comme président d’honneur des Victoires de la musique, le 13 février. Un symbole supplémentaire de votre histoire d’amour avec les Français?

RÉPONSE: «La seule maison que j’ai, c’est ma musique, c’est la scène. Dans cette maison qui voyage, je retrouve une sorte d’universalité qui n’est pas limitée par des frontières ou par des langues différentes. Et le fait que moi, en tant qu’étranger, avec ce lien tellement fort que j’ai avec la France, ils m’aient choisi de cette manière-là, ça m’a étonné, mais ça m’a touché énormément.»

Q: Comment s’est noué ce lien, intact depuis l’album Life in Cartoon Motion (2007)?

R: «J’ai l’impression que dans ma conversation avec la France, j’ai eu le temps du questionnement, de l’expérimentation: aller faire des concerts avec un orchestre de chambre, chanter un petit peu en français, revenir à l’anglais, faire de l’électro, de l’acoustique. J’ai même eu le temps de faire de la télé (comme ex-coach de «The Voice» sur TF1, ndlr) sans qu’elle ne me définisse non plus. En Angleterre, ils ne m’ont pas donné ce temps, au début. Il m’a été accordé d’une manière beaucoup plus généreuse et constante en France. Et j’en suis reconnaissant.»

Q: Dans quel état d’esprit avez-vous conçu Hyperlove?

R: «Je suis un énorme fan de Hunter S. Thompson (journaliste américain qui a popularisé le style gonzo et écrit Las Vegas Parano en 1971, ndlr). C’est comme si un album pop était sorti d’un fantasme de Hunter S. Thompson. Je me secoue, je me mets à l’envers, j’écris un album qui est comme une sorte d’opéra électronique. Comme rien n’est garanti aujourd’hui, ce qui va marcher, ce qui va passer à la radio, ce qui va être playlisté ou pas, je suis libre. Et j’y vais avec une liberté brûlante. Je me permets de rêver d’une manière aussi intimiste que fantaisiste et grandiose, comme si c’était mon premier album.»

Q: Vous oscillez entre pop électronique et sons analogiques, pour aborder des thématiques profondes…

R: «L’homme, la machine, le cœur, l’âme. C’était un voyage assez personnel. Je me suis dit, OK, si j’écris tout un album qui part d’un thème aussi grand, peut-être que pour moi aussi, c’est un questionnement. C’est quoi l’amour? Est-ce que j’ai de l’amour dans ma vie aujourd’hui? Sous quelle forme? Ça part dans l’électro, dans les larmes, dans la joie euphorique, la «psychédélie», le sexe. Et bam, la dernière chanson, qui est Immortal Love (clin d’œil à sa chienne golden retriever, ndlr), parle de l’éternité de l’âme et de cette charge électrique qui désassocie l’amour d’avec le corps.»

Q: Le piano est omniprésent. Quel lien entretenez-vous avec lui ?

R: «C’est ma plume. C’est mon stylo. Je ne suis pas un pianiste démonstratif, je ne suis pas extrêmement technique. Ce qui est drôle, parce que j’écoute de la musique très compliquée, du jazz jusqu’à du Rachmaninov ou du Poulenc. Mais pour moi, le piano, c’est un truc très intime. Sans lui, je ne peux pas écrire.»

Par Fanny LATTACH / AFP

 

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