Paris Fashion Week: Anderson mêle héritage et fantaisie pour Dior Homme
Les invités prennent des photos avec leur smartphone alors que les mannequins présentent les créations de Dior pour la collection prêt-à-porter homme automne-hiver 2026/2027, dans le cadre de la Fashion Week masculine de Paris, le 21 janvier 2026. ©Blanca CRUZ / AFP

Pour sa deuxième collection Dior Homme, Jonathan Anderson a présenté mercredi dans les jardins du musée Rodin sa vision de «l’aristocratie d’aujourd’hui», mêlant références à Christian Dior et au couturier Paul Poiret. Entre silhouettes hybrides, associations décomplexées et fantaisie assumée, le styliste nord-irlandais poursuit sa réinvention de l’héritage de la maison iconique. 

Pour sa deuxième collection Dior Homme, Jonathan Anderson a livré mercredi à Paris sa vision de «l'aristocratie d'aujourd'hui», à travers des associations décomplexées où s'entremêlent masculin et féminin, entre symboles de la maison et références au couturier français Paul Poiret.

«Je ne veux pas de normalité. Je veux un personnage un peu excentrique, là où une forme de punkitude rencontre Poiret, puis une silhouette plus élancée avec un sac en maille», a expliqué à la presse le créateur nord-irlandais de 41 ans avant le coup d'envoi de son défilé automne-hiver, présenté dans une structure éphémère installée dans les jardins du musée Rodin.

Paul Poiret, figure majeure de la mode du début du XXᵉ siècle, est en effet au cœur de cette collection. Avant Noël, Jonathan Anderson dit avoir remarqué, incrustée dans le trottoir de l'avenue Montaigne, juste devant la boutique Dior, une plaque jusque‑là jamais vue portant le nom de cette figure.

«Le lendemain, j'ai trouvé cette robe incroyable de Poiret, vers 1922, et je me suis mis à imaginer ce que serait une rencontre avec Christian Dior», a-t-il poursuivi.

Le show s'est ainsi ouvert sur une série de tops à sequins violet, vert et argenté, style années 1920, reproduction du haut d'une robe du célèbre créateur français, portés avec des jeans.

Fantaisie

Des capes en brocart, dont l'une reprend un motif de papillons entrelacés imaginé par Poiret, habillent des doudounes et de longs manteaux en laine aux poignets parés d'imposantes fourrures, les polos se portent avec des épaulettes strassées à franges assorties à des pantalons aux motifs psychédéliques et les vestes queue-de-pie remontent à la taille.

De longues robes en laine et des jupes très larges enrichissent ce vestiaire hybride. Jonathan Anderson réinterprète également de nouveau la veste Bar, emblème de Dior, en la raccourcissant encore, en version jean, pied-de-poule, ou en l’étirant en long manteau noir ou brun.

Les looks sont complétés de chaussures lacées à petits talons, de mocassins en forme de D, de besaces en cachemire et de ceintures à larges boucles marquées d'un Dior très visible. Les silhouettes, surmontées de perruques jaune acide ou de chevelures hérissées, sont presque électriques, injectant de la fantaisie.

De nombreuses personnalités ont assisté au show, parmi lesquelles les acteurs Robert Pattinson et Louis Garrel, le créateur de Louis Vuitton Pharrell Williams ou encore le pilote Lewis Hamilton.

Objectif couture

Jonathan Anderson est considéré comme l'un des enfants prodiges de la mode. Salué pour avoir propulsé sur le devant de la scène la griffe espagnole Loewe, également propriété de LVMH, il s'est forgé une réputation de créateur aux coupes impeccables, avec une utilisation généreuse de matériaux nobles, comme le cuir et le métal.

Nommé en juin dernier en remplacement de Maria Grazia Chiuri à la tête des collections femme, quelques semaines après son arrivée chez Dior Homme, il est devenu le premier styliste depuis Christian Dior à superviser les trois lignes de la maison phare de LVMH, avec la haute couture, dont la première collection sera présentée le 26 janvier à Paris.

«Il est très attendu» pour cet exercice inédit, souligne le journaliste mode Marc Beaugé. Le même défi attend le lendemain, le 27 janvier, le nouveau directeur artistique de Chanel, le Franco-Belge Matthieu Blazy.

Les deux créateurs ont donné un aperçu de leur savoir-faire lors de la dernière cérémonie des Golden Globes, à Los Angeles.

Jonathan Anderson a notamment habillé l'actrice irlandaise Jessie Buckley d'une longue robe bustier bleu clair largement fendue, ainsi que la comédienne américaine Rashida Jones d'une robe noire toute en transparence et dentelle, tandis que la star américaine Selena Gomez portait une robe fourreau noire au décolleté recouvert de plumes blanches signée Chanel.

Jusqu'au 25 janvier, 66 maisons vont dévoiler leur nouveau vestiaire hivernal à travers 36 défilés et 30 présentations.

Parmi les autres points forts de cette semaine, Véronique Nichanian présentera samedi soir son ultime collection pour Hermès après 37 ans à la tête de la ligne homme, avant de céder la place à Grace Wales Bonner en 2027.

Par Marine DO-VALE / AFP

 

 

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