Fendi en métamorphose à Milan: le retour de Chiuri entre fluidité, fourrures et vestiaire mixte
Un mannequin défile sur le podium lors du défilé de la collection Fendi à la Fashion Week Femme Automne/Hiver 2026/2027 de Milan, le 25 février 2026. ©Miguel MEDINA / AFP

Alors que la Fashion Week bat son plein à Milan, Maria Grazia Chiuri fait son retour chez Fendi, 35 ans après ses débuts, avec une première collection automne-hiver mixte mêlant sensualité, délicatesse et réinterprétation des codes traditionnels. La créatrice y présente des robes fluides, des cuirs travaillés comme de la dentelle et des fourrures recomposées, brouillant les frontières entre vestiaire féminin et masculin, dans une démarche qui allie artisanat, audace créative et réflexion sur le désir et le corps.

La styliste Maria Grazia Chiuri a fait son retour chez Fendi mercredi en présentant à Milan une collection sensuelle et délicate, avec d'inédites fourrures retravaillées.

Saluée par une standing ovation, Maria Grazia Chiuri retrouvait Fendi 35 ans après ses débuts dans la maison romaine, succédant à Karl Lagerfeld, Kim Jones et Silvia Venturini Fendi, héritière des fondateurs de la griffe.

La créatrice a expliqué vouloir présenter une «géographie personnelle» de la mode, mettant en avant l'histoire de Fendi comme la collaboration avec d'autres créateurs. Cette méthode avait déjà participé à son succès critique et commercial chez Dior, une des autres perles de la couronne de LVMH, numéro un mondial du luxe.

Cette première collection automne-hiver, mixte, a notamment mis en avant des fourrures noires, blanches, vertes, toutes recomposées.

La «régénération» de ces fourrures «n'est pas un simple procédé de récupération, mais aussi un acte de résistance créative et radicale à la standardisation et à l'hyperconsumérisme, traits distinctifs de la mode instantanée et sérielle», a expliqué la marque de luxe dans un communiqué.

«Sur le plan technique, en revanche, elle exige un engagement et des compétences artisanales supérieurs à ceux nécessaires à la confection ex novo (en partant de zéro, ndlr) d'un vêtement», avec un résultat unique qui fait écho «aux principes de la Haute Couture», selon Fendi.

Face au siège milanais de Fendi qui accueillait le défilé, une dizaine de militants ont manifesté pour demander que la semaine de la mode milanaise interdise la fourrure, comme ont pu le faire Londres ou New York.

Sensuel

Le nouveau Fendi propose aussi des robes très fluides (dont une écarlate, sûrement en hommage à Valentino, décédé fin janvier) et des cuirs travaillés comme de la dentelle.

Maria Grazia Chiuri plaide pour «un retour au désir», «à une époque où les corps sont de moins en moins écoutés dans leurs pulsions les plus terrestres et originelles».

En revenant chez les sœurs Fendi, «je suis ici pour rendre ce qu'elles m'ont donné», a déclaré la créatrice au magazine Vogue.

Avec des cols de chemise portés comme des colliers par les femmes, et de larges fourrures pour les hommes, Maria Grazia Chiuri a aussi revendiqué de «dépasser la distinction entre garde-robe féminine et masculine».

Après un passage remarqué chez Valentino, Maria Grazia Chiuri avait pris les rênes des collections femme de Dior en 2016.

La créatrice avait réussi en neuf ans à imposer sa vision de la femme Dior, à travers notamment un style plus «portable» et «confortable» et des collaborations avec des artistes féministes.

Pour cette première saison chez Fendi, la créatrice de 61 ans a aussi collaboré avec la jeune artiste SAGG Napoli pour des t-shirts et écharpes de foot à messages, tels que «Enracinée mais pas bloquée», ou «Loyale mais pas obéissante» (en italien).

Margiela

Dans la soirée, alors que la gare de Milan accueillait ses derniers voyageurs, la Maison Margiela y a fait s'entrechoquer avec humour des jupes et manteaux formels avec des détails venus tout droit des années 1980.

Dans cette deuxième collection présentée par Glenn Martens depuis son arrivée à la création chez Margiela, des jupes en laine épaisse ou doublées d'un étonnant tablier, des blazers aux manches inversées (les boutons en haut) accompagnaient une chemise à carreaux, un pull de Noël ou un t-shirt orné d'un cheval.

«En mélangeant ces éléments, l'apparente normalité devient anormale et exagérée», a commenté la Maison Margiela dans un communiqué.

La marque du groupe Only the Brave (Diesel) sort d'une bonne année 2025, avec un chiffre d'affaires en hausse de 8,4%, et poursuit son expansion internationale, notamment en Amérique du Nord et au Moyen-Orient.

Par Taimaz SZIRNIKS / AFP

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