Le chef de la diplomatie italienne Antonio Tajani a indiqué lundi qu'il allait proposer jeudi à ses collègues de l'UE d'ajouter les Gardiens de la révolution iraniens sur la liste européenne des organisations terroristes.
«Les pertes subies par la population civile lors des manifestations exigent une réponse claire», a justifié le ministre italien des Affaires étrangères sur X, précisant qu'il soumettrait cette idée «en coordination avec d'autres partenaires», lors d'une réunion de ses homologues européens jeudi à Bruxelles.
Antonio Tajani entend par ailleurs proposer à ses partenaires «des sanctions individuelles contre les responsables de ces actes odieux», a-t-il ajouté sur X.
Une ONG basée aux États-Unis, Human Rights Activists News Agency (HRANA), a déclaré lundi avoir confirmé la mort de près de 6.000 personnes et enquête sur des milliers d'autres cas, après le mouvement de contestation qui a secoué l'Iran au début du mois avant d'être réprimé dans le sang.
Le Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI), bras idéologique du guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, constitue une force armée extrêmement organisée, accusée par les Occidentaux d'orchestrer et de participer à la répression du vaste mouvement contestataire en Iran.
Les «Pasdaran» («gardiens» en farsi) ont été créés en 1979 peu après la révolution islamique. Ils disposent d'un vaste réseau de renseignement, de moyens terrestres, aériens et maritimes et sont mieux équipés et entraînés que l'armée régulière.
Le CGRI est également le relais de Téhéran auprès de ses alliés dans la région, comme le Hezbollah libanais ou les groupes armés du Hachd al-Chaabi en Irak. Il contrôle aussi des sociétés dans tous les secteurs stratégiques de l'économie iranienne.
Les Gardiens de la révolution font déjà l'objet de sanctions de la part de l'Union européenne.
Celles-ci existent depuis 2021 en réaction aux violations des droits de l'homme en Iran. Au total, quelque 230 personnes, dont plusieurs ministres, et une quarantaine d'entités ont été sanctionnées par l'UE pour violations des droits humains.
Ces sanctions ont depuis été étendues en raison des activités nucléaires de l'Iran ou de l'aide apportée par Téhéran à la guerre d'invasion russe en Ukraine, lancée en 2022.
Outre les sanctions des Nations unies appliquées par l'UE, les Européens ont également leurs propres sanctions qui prévoient, entre autres, un gel des avoirs et une interdiction de se déplacer dans l'UE.
Des sanctions commerciales ou financières sont également en place dont une interdiction d'exporter des armes ou des biens à double usage civil et militaire ou encore susceptibles d'être utilisés dans le cadre d'activités liées à l'enrichissement nucléaire. Une interdiction d'importer d'Iran du pétrole brut, du gaz naturel ainsi que des produits pétroliers et pétrochimiques est également en vigueur.
La semaine dernière, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a annoncé son intention d'interdire d'autres exportations de technologies critiques liées aux drones et aux missiles.
Un responsable européen a confirmé vendredi dernier que la proposition de désigner les Gardiens de la révolution iraniens comme organisation terroriste était à l'ordre du jour de la réunion de cette semaine, mais a précisé qu'elle nécessitait l'unanimité pour être approuvée et que «nous n'y sommes pas encore».
Le 11 janvier, le ministre des Affaires étrangères israélien Gideon Saar avait jugé «l'heure venue pour l'UE de qualifier les Gardiens de la Révolution iranienne d'organisation terroriste».
Les États-Unis ont inscrit les Gardiens de la révolution sur la liste des organisations considérées comme terroristes par le département d'État en 2019.
AFP



Commentaires