L’Iran…guette !
©Ici Beyrouth

Les bruits de bottes se font de plus en plus insistants autour de l’Iran. Donald Trump a affirmé qu’une « grande armada » est déployée, sans pour autant écarter l’option diplomatique. Pour « convaincre » les mollahs iraniens de renoncer à leur programme nucléaire et d’arrêter de massacrer leur propre peuple, la flotte américaine a été renforcée, notamment par l’arrivée du porte-avions Abraham Lincoln. À Téhéran, on promet déjà que toute attaque aura des conséquences sur l’ensemble du Moyen-Orient. Autrement dit : le baril de poudre est posé sur la table, la mèche est allumée.

Mais au fond, il n’y a même plus de véritable doute sur l’issue. L’Iran devra renoncer à son arsenal nucléaire et balistique, par la négociation ou sous « le feu », selon l’expression désormais consacrée. Le reste n’est que mise en scène. La trajectoire est écrite.

Et c’est précisément ce qui rend encore plus incompréhensible la posture des Iraniens et celle de leurs relais régionaux, comme le Hezbollah : ils parlent encore comme s’ils pouvaient gagner des guerres qu’ils ont déjà perdues. À plusieurs reprises. Dans la réalité, le Hezbollah est dans la même impasse que les mollahs. La milice, officiellement illégale, faut-il le rappeler, devra, de gré ou de force, renoncer à ses armes. La seule inconnue, c’est le prix humain et la quantité de ruines avant que cette évidence ne s’impose.

Mais non! Face à cette montée des tensions, au Liban, le secrétaire général du Hezbollah continue de pérorer. L’homme qui ne rate jamais une occasion de se tromper menace du fond de son abri.
« Nous ne resterons pas neutres », a-t-il déclaré à propos d’une éventuelle attaque contre l’Iran.

Encore une sortie inutile, encore une posture dangereuse, encore une promesse de catastrophe emballée dans des mots creux. Alors même que personne dans le pays, absolument personne, n’a envie d’en découdre avec qui que ce soit.

Dans un tel contexte, la seule attitude rationnelle pour un pays exsangue comme le Liban serait de se faire discret. En espérant passer entre les gouttes.

Ce qui frappe, ce n’est même plus l’agressivité. C’est l’irréalisme total.

Dans un monde rationnel, n’importe quel responsable chercherait à se faire oublier. À devenir invisible, inaudible, hors radar.
Kassem fait exactement l’inverse : il lève la main, il se signale, il invite le feu.

Le plus obscène, c’est l’alignement assumé sur le soi-disant « guide » : l’ayatollah Khamenei. Le chef d’un régime suffocant qui a écrasé dans le sang les récentes manifestations populaires. Des ONG évoquent plus de 30 000 morts. Et ce n’est que le début des révélations. Des gens ordinaires : étudiants, femmes, travailleurs, descendus dans la rue pour demander moins de corruption, plus de liberté, une vie décente. En réponse : balles, prisons, terreur. Les dernières informations en provenance de ce pays verrouillé, font état d’un peuple en état de sidération devant l’ampleur des massacres. Si le bilan effroyable se confirme, le monde, pour l’instant timide, devra aider la population à se débarrasser de ses bourreaux et à juger les dirigeants responsables.

Et c’est ce régime-là que Kassem veut défendre.
C’est ce pouvoir-là qu’il considère comme une cause sacrée. Et qu’importe le Liban!
Voilà le cœur du problème : Kassem ne raisonne pas en fonction du pays, mais en fonction de la soumission à un axe idéologique.

Et toujours ce refus obsessionnel de la neutralité. Comme si être neutre était une trahison. Comme si la seule manière d’exister politiquement était d’être en guerre permanente avec quelqu’un. Dans un pays normal, la neutralité serait aujourd’hui une stratégie de survie. Pour Kassem, c’est une faute morale. 

D’année en année, le scénario est immuable :
chaque crise régionale devient notre crise,
chaque guerre étrangère devient notre front,
chaque choix se transforme en erreur.

Ce n’est même plus une vision politique.
C’est un automatisme.
Et cet automatisme consiste à sacrifier systématiquement un pays réel au profit d’intérêts étrangers. 

Tacite, il y a près de 2000 ans écrivait:
«  Plus un homme est perdu, plus il se croit inspiré. ». 
L’instant de vérité approche.

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