Gap Law : l’épargne des retraités dans la ligne de mire
©Ici Beyrouth

10 729.
C’est le nombre de retraités des professions libérales qui pourraient être directement affectés si le projet de loi sur la « Gap Law » (trou financier), transmis au Parlement, était adopté dans sa forme actuelle. En jeu : l’épargne accumulée au fil des décennies dans les mutuelles et les caisses de retraite des ordres professionnels, aujourd’hui menacée.

Depuis que le gouvernement a rendu public ce projet de loi et l’a transmis au Parlement pour examen, la Fédération des syndicats des professions libérales est montée au créneau. Elle a multiplié les contacts avec les hauts responsables de la Banque du Liban et plusieurs membres du gouvernement, tout en misant sur les députés issus des professions libérales, avocats, médecins et ingénieurs, afin de constituer un front parlementaire capable d’amender ou de bloquer les dispositions les plus contestées.

Au cœur de la contestation, un grief majeur : un transfert jugé injuste des pertes de l’État et du système financier vers les déposants, y compris les retraités. Selon la Fédération, la Gap Law ferait supporter l’essentiel du coût de la crise à des caisses de retraite qui n’ont ni spéculé ni failli, tout en portant atteinte au droit de propriété privée garanti par la Constitution.

Face à ce qu’elle considère comme une ponction déguisée sur l’épargne des retraités, la Fédération avance une alternative. Le président de l’Ordre des ingénieurs en a présenté les grandes lignes : un mécanisme de compensation progressive, assumé par l’État, visant à préserver les fonds des mutuelles et des caisses professionnelles.

Trois options sont proposées :
– 450 dollars par mois sur dix ans,
– 300 dollars par mois sur quinze ans,
– ou, dans sa version minimale, 150 dollars par mois sur vingt ans.

Des montants jugés soutenables pour les finances publiques : 57 millions de dollars par an dans le premier scénario, 38 millions dans le deuxième et 18 millions dans le troisième.

Pour les professions libérales, l’enjeu est clair : éviter que les pertes de l’État ne soient, une fois encore, transférées vers l’épargne des retraités, et imposer un véritable débat parlementaire sur une répartition plus équitable du coût de la crise.

Commentaires
  • Aucun commentaire