Combien de jours difficiles avons-nous traversés, nous et nos proches… Des épreuves qui nous ramènent presque au soixantième anniversaire de la grande défaite de juin 1967, lorsque les Arabes avaient cru pouvoir tenir tête à l’arsenal israélien, appuyé par l’ensemble de la communauté internationale.
Le Liban a connu toutes sortes de crises et de bouleversements, en raison de sa position géographique, souvent en contradiction avec son rôle et sa vocation.
L’histoire l’a placé à la frontière avec Israël, et il en a payé le prix lorsque l’activité de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) s’est déplacée vers le sud du Liban, puis vers l’ensemble du territoire, notamment après le revers qui a détourné l’attention de Gamal Abdel Nasser vers Yasser Arafat.
L’installation de l’OLP au Liban a eu des conséquences que l’on connaît bien: une vague d’armement chez les chrétiens, des inquiétudes au sein de la communauté chiite, et une révolte des sunnites et des druzes contre le système, dans le but d’obtenir des gains politiques.
La guerre a alors éclaté sous différentes appellations politiques et militaires, mais elle a, sans aucun doute, lourdement pesé sur le Liban, épuisant le pays pendant quinze ans longues années.
Malgré l’éviction de Yasser Arafat en 1982, Hafez el-Assad étendait déjà son emprise sur le Liban, sous prétexte de protéger les chrétiens, avant de se retourner contre eux à la suite des accords de Camp David. Il s’est alors arrogé le rôle de protecteur des mouvements de résistance dans la région, se posant en leader arabe incontesté. Ce rôle s’est poursuivi avec le soutien des États-Unis après la guerre du Golfe, dans le but d’exercer des pressions sur les Libanais par tous les moyens.
La troisième crise a été celle avec Israël, qui a profité de la situation au Liban pour se débarrasser d’abord de l’OLP, puis pour maintenir son levier de pression dans le sud du pays, en traitant le pays comme un territoire constituant une menace pour sa sécurité.
La quatrième puissance régionale à exercer son influence sur le Liban a été l’Iran, présente depuis la Révolution islamique et profondément ancrée dans l’État depuis 2005, à la faveur du vide créé par l’assassinat de l’ancien Premier ministre Rafic Hariri, et l’entrée directe du Hezbollah dans les gouvernements et les institutions.
Indépendamment du conflit en cours autour des négociations avec l’Iran, l’issue est une et connue. En cas d’accord, celui-ci se fera au détriment du Hezbollah, afin de préserver les intérêts d’Israël. En cas d’échec, le coup porté à l’Iran sera sévère, et le Hezbollah en paiera également le prix.
La partie est terminée pour les quatre acteurs qui ont dévoré le Liban. Yasser Arafat est parti, l’OLP a disparu. Hafez el-Assad est mort, Bachar el-Assad a fui. Israël s’est retiré et négocie désormais la paix. L’Iran est affaibli, et son régime vacille.
C’est la première fois dans l’Histoire que le Liban semble se libérer des séquelles de quatre guerres chroniques qui l’ont épuisé et détruit sur les plans psychologique, moral et national.
De cette libération naît un optimisme absolu, et c’est cet optimisme que nous nous efforçons de réaliser.



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