Le chef du gouvernement provisoire du Bangladesh Muhammad Yunus a refermé lundi la parenthèse de la transition ouverte en 2024 par l'insurrection qui a causé la fin du règne de Sheikh Hasina, à la veille de l'entrée en fonction du Premier ministre Tarique Rahman.
«Ce soir, je me tiens devant vous pour vous dire au revoir, alors que je démissionne de mes fonctions», a déclaré le prix Nobel de la paix, 85 ans, dans un discours télévisé.
«Aujourd'hui, le gouvernement provisoire démissionne. Mais il faut que la pratique de la démocratie, de la liberté d'expression et du respect des droits fondamentaux qui a été engagée ne s'arrête pas», a-t-il exhorté.
Le Parti nationaliste du Bangladesh (BNP) a remporté les législatives de jeudi en raflant 212 des 300 sièges à pourvoir, largement devant les 77 sièges décrochés par la coalition des islamistes du Jamaat-e-Islami.
Héritier d'une longue dynastie politique, le chef du BNP Tarique Rahman, 60 ans, doit prêter serment avec son nouveau gouvernement mardi.
Muhammad Yunus a pris les rênes du Bangladesh en août dans la foulée du départ de Sheikh Hasina après plusieurs semaines de violentes émeutes qui ont fait, selon l'ONU, au moins 1.400 morts.
«C'était un jour de libération. Quel jour joyeux ce fut !», a-t-il évoqué lundi soir. «Des Bangladais du monde entier ont partagé les mêmes larmes de bonheur. Les jeunes de notre pays l'avaient libéré de l'emprise du démon».
Pendant un an et demi, le Pr Yunus a eu la lourde charge de conduire un pays qu'il a lui-même décrit comme «cassé», où les tensions politiques et sociales n'ont jamais cessé jusqu'aux élections de la semaine dernière.
«Nous avons nettoyé les ruines, reconstruit des institutions et ouvert la voie aux réformes», s'est-il félicité lundi soir dans son dernier discours du dirigeant du pays.
Célèbre dans le monde entier depuis le Nobel qui l'a récompensé en 2006 pour avoir offert des micro-prêts à des millions de femmes pauvres, il n'a pas été épargné par les critiques depuis son retour à Dacca.
Il avait annoncé depuis des mois sa décision de quitter ses fonctions sitôt passées les élections.
La réussite du scrutin, sans violence majeure, reste sa principale réalisation.
«Le peuple, les électeurs, les partis politiques et les institutions concernées par les élections ont créé un précédent exemplaire», s'est réjoui celui qui a été surnommé «le banquier des pauvres». «Cette élection servira de référence pour les élections futures», a-t-il insisté.
Muhammad Yunus a également réussi à faire voter jeudi par référendum la «Charte de juillet», un paquet de réformes institutionnelles qu'il est parvenu à imposer aux partis politiques pour renforcer la démocratie.
AFP


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