À l’approche de la 51ᵉ cérémonie des César, près de 4 000 artistes du cinéma français, parmi lesquels Swann Arlaud, Gérard Jugnot, Léa Drucker et Karine Viard, dénoncent les dérives de l’intelligence artificielle, accusée de reproduire sans autorisation leurs voix et leurs images. Dans une tribune publiée par Le Parisien et portée par Adami, ils alertent sur un «pillage en règle». « Pas une semaine ne passe sans qu’un artiste n’alerte», écrivent-ils, et appellent à un cadre juridique pour protéger les droits des artistes face à l’essor de ces technologies.
À quelques jours de la 51ᵉ cérémonie des César, prix les plus prestigieux du cinéma en France, 4.000 acteurs, actrices et cinéastes dénoncent le «pillage en règle» de la part des outils d'intelligence artificielle (IA), qui reproduisent leur voix ou leur image.
«Nous faisons face à une mutation profonde de notre métier depuis l’arrivée de l’intelligence artificielle. Cet outil, extraordinairement précieux pour certains métiers, est aussi une hydre dévorante pour les artistes que nous sommes», écrivent les signataires dans une tribune publiée sur le site internet du Parisien et transmise à l'AFP par l'Adami, organisme de gestion collective des droits des artistes-interprètes, à l'origine de cette initiative.
Elle compte parmi ses signataires notamment les acteurs Swann Arlaud, Gérard Jugnot, Franck Dubosc et José Garcia, ainsi que les actrices Léa Drucker, Élodie Bouchez et Karine Viard.
«Le clonage de voix sans autorisation de comédiennes et de comédiens devient légion», s'inquiètent les acteurs et actrices, estimant que «pas une semaine ne passe sans qu’un artiste n’alerte sur la concurrence brutale que l’IA fait subir à son travail».
Selon eux, «ce sont parfois des centaines d’artistes, moins établis, qui n’ont souvent pas les moyens de refuser un contrat, qui cèdent leurs droits pour l’IA, malgré les risques pour leur image et leur avenir».
La tribune appelle à la création d'un «cadre juridique» pour que «l’IA puisse coexister avec le travail des artistes et le respect des droits d’auteur et droits voisins».
Depuis plusieurs mois, les initiatives se multiplient dans la profession face à la menace que l'IA fait peser sur l'ensemble de la filière (studios, acteurs…) dans le monde.
Des comédiens sont récemment descendus dans la rue à Paris et ont lancé un collectif «Touche pas à ma VF» réclamant un «doublage créé par des humains pour des humains».
La semaine dernière, le logiciel chinois Seedance 2.0 a été accusé par les grands studios hollywoodiens de violations «massives» des droits d'auteur, après la diffusion, entre autres, d'une vidéo virale générée par IA montrant un combat entre Tom Cruise et Brad Pitt.
Avec AFP

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