Le Liban craint des attaques d'Israël en cas d'escalade avec l'Iran
Des soldats français de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) patrouillent à l'entrée du village frontalier de Sarada, dans le sud du Liban, le 24 février 2026. ©Rabih DAHER / AFP

Le Liban a dit mardi craindre des attaques d'Israël contre ses infrastructures civiles en cas d'escalade militaire avec l'Iran et d'implication du puissant Hezbollah dans un conflit régional.

Dans ce contexte tendu, l'armée libanaise a accusé Israël d'avoir visé le secteur d'une position militaire dans le sud, près de la frontière entre les deux pays, et affirmé avoir donné l'ordre de riposter.

«Il existe des signaux indiquant que les Israéliens pourraient frapper très fortement en cas d'escalade, y compris potentiellement des infrastructures stratégiques comme l’aéroport», a déclaré le chef de la diplomatie libanaise Youssef Raggi à quelques médias, dont l'AFP, à Genève.

«Nous conduisons actuellement des démarches diplomatiques pour demander que, même en cas de représailles, les infrastructures civiles libanaises ne soient pas ciblées», a-t-il ajouté en marge d'une session du Conseil des droits de l'Homme de l'ONU.

«Chaîne de réactions»

«Ce que les Libanais redoutent, c’est une chaîne de réactions:une frappe américaine contre l’Iran, une riposte du Hezbollah contre Israël, puis une réponse israélienne massive» contre le Liban, a indiqué un responsable libanais qui a requis l'anonymat.

Lundi, les États-Unis ont ordonné «par prudence» l'évacuation du personnel non essentiel de leur ambassade à Beyrouth.

Le président Donald Trump qui a ordonné le déploiement dans la région d'un dispositif militaire massif menace de frapper l'Iran si les pourparlers actuels centrés sur le programme nucléaire iranien échouent.

Téhéran a averti que toute frappe des États-Unis, même limitée, le pousserait à riposter «avec férocité», et mis en garde contre un risque d'«escalade» régionale.

Le chef du Hezbollah pro-iranien, Naïm Qassem, a affirmé le mois dernier que sa formation s'estimerait «visée» par toute attaque américaine contre l'Iran.

Seul groupe libanais armé, le Hezbollah est sorti affaibli d'une guerre avec Israël, qui continue de le frapper régulièrement malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis novembre 2024, l'accusant de se réarmer.

«Résistance»

Samedi, la formation pro-iranienne a appelé à la «résistance» après la mort dans une frappe israélienne de huit de ses membres, dont un responsable militaire, qui participaient à une réunion dans l'est du Liban.

Conformément aux termes du cessez-le-feu, l'armée libanaise a annoncé début janvier avoir achevé le désarmement du Hezbollah dans la région frontalière avec Israël où elle s'est déployée.

Mardi, elle a accusé l'armée israélienne d'avoir ouvert le feu en sa direction alors qu'elle établissait un point de contrôle dans la région de Marjayoun, proche de la frontière.

«Le commandement de l'armée a ordonné de renforcer la position et de riposter aux sources de tirs», a affirmé un communiqué de l'armée.

L'armée doit à présent désarmer le Hezbollah dans une région située plus au nord de la frontière, mais manque d'équipements et de moyens financiers.

Au Caire, une réunion visant à préparer une conférence de soutien aux forces armées libanaises, que Paris accueille le 5 mars, a souligné que l'État libanais devait avoir «le monopole des armes».

La réunion «vise à aider les institutions nationales libanaises, en particulier l’armée et les forces de sécurité intérieure, à renforcer leur souveraineté et à étendre leur contrôle total» sur le territoire, a souligné le ministre égyptien des Affaires étrangères.

La France, l'Arabie Saoudite, le Qatar, l'Égypte et les États-Unis ont pris part à cette réunion, qui s'est tenue en présence du commandant en chef de l'armée libanaise Rodolphe Haykal.

AFP

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