L'Iran a mené des frappes sur la plupart des monarchies du Golfe samedi, faisant au moins un mort aux Émirats arabes unis, en riposte à une attaque menée par les États-Unis et Israël qui fait craindre un conflit d'envergure dans la région.
Des responsables iraniens avaient multiplié ces dernières semaines les menaces de frapper les installations américaines installées chez leurs alliés du Golfe en cas d'attaque de Washington.
Des explosions ont secoué Ryad, Abou Dhabi, Doha, Dubaï, Koweït et Manama. Seul Oman, médiateur dans les négociations reprises début février entre l'Iran et les États-Unis, n'étant pas visé.
Un mort aux Émirats arabes unis
Un civil a été tué par des débris de missiles à Abou Dhabi, a affirmé le ministère émirati de la Défense, qui a affirmé que son pays a été soumis «à une attaque manifeste de missiles balistiques iraniens» à laquelle «les défenses aériennes des Émirats ont réagi avec une grande efficacité, réussissant à intercepter un certain nombre de ces missiles».
Deux témoins ont indiqué à l'AFP avoir vu de la fumée s'élever de la base d'Al Dhafra, dans la capitale émiratie, qui accueille des troupes américaines, dont la 380e escadre expéditionnaire de l'US Air Force. Selon un autre témoin, les entreprises opérant dans la zone ont demandé à leurs employés de partir.
Les Émirats ont affirmé se réserver le droit de répondre à ces attaques, dénonçant «une escalade dangereuse».
À Dubaï, deux témoins ont indiqué à l'AFP avoir entendu une explosion et vu une colonne de fumée s'élever de l'emblématique île artificielle de Dubaï, The Palm, vers laquelle se sont dirigées des ambulances.
Le Qatar «ciblé par des missiles balistiques»
Le Qatar a annoncé avoir «repoussé un certain nombre d'attaques» de missiles visant le riche émirat gazier, qui abrite la base militaire d'Al-Udeid, la plus grande installation militaire américaine de la région.
Le ministère des Affaires étrangères a exprimé «sa ferme condamnation du ciblage du territoire par des missiles balistiques iraniens». Le Qatar «considère qu'il s'agit d'une violation flagrante de sa souveraineté nationale» et se «réserve le droit total de répondre à cette attaque», a -t-il ajouté.
La base aérienne d'Al-Udeid accueille les composantes avancées du Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom), ainsi que ses forces aériennes et d'opérations spéciales dans la région.
L'Iran avait tiré des missiles sur Al-Udeid en juin à la suite des frappes américaines visant ses installations nucléaires.
L'Arabie saoudite condamne «l'agression iranienne»
L'Arabie saoudite, poids lourd régional, a affirmé avoir repoussé des frappes iraniennes contre sa capitale Ryad et sa province orientale, disant se réserver le droit de riposter.
Ryad a exprimé «sa plus vive condamnation des attaques iraniennes flagrantes et lâches» contre son territoire et plus largement de «l'agression iranienne» dans la région.
Le royaume a affirmé «qu'il prendra toutes les mesures nécessaires pour défendre sa sécurité et protéger son territoire, ses citoyens et ses résidents, y compris l'option de répondre à cette agression».
Son dirigeant de facto, le prince héritier Mohammed ben Salmane, a eu des entretiens téléphoniques avec les dirigeants émirati, bahreïni, qatari, du Koweït et de la Jordanie, a indiqué la diplomatie saoudienne.
Il les a assurés de «la pleine solidarité du Royaume et son soutien» et de la disponibilité de son pays «à mettre toutes ses capacités à leur disposition».
«J'ai entendu les explosions», a confié à l'AFP un résident libanais vivant à Ryad, venu dans le Golfe «parce qu'il est réputé plus sûr que le Liban». «Maintenant je ne sais pas quoi faire ni comment réfléchir», a-t-il ajouté.
Une base endommagée au Koweït
Le Koweït a annoncé avoir intercepté des missiles visant la base aérienne d'Ali Al-Salem sur son sol, accueillant du personnel américain et d’autres étrangers, notamment italiens, et avoir fermé son espace aérien.
Selon le ministre italien des Affaires étrangères Antonio Tajani, un missile iranien a causé des «dégâts importants» sur la piste de cette base, «mais aucun membre du personnel italien n’a été blessé».
Un drone a ensuite frappé l'aéroport international du Koweït, selon l'Autorité de l'aviation civile, blessant légèrement des employés et provoquant «des dégâts matériels limités au terminal passagers».
Bahreïn
Le Bahreïn a déclaré évacuer un quartier de sa capitale Manama abritant le siège de la Cinquième flotte américaine, visé plus tôt par des missiles iraniens, et l'ambassade des États-Unis a annoncé sa fermeture dimanche, «compte tenu des frappes de missiles en cours» contre le petit État.
Ses autorités ont aussi annoncé que les écoles et universités de Bahreïn passeraient jusqu'à nouvel ordre à l'enseignement à distance.
AFP



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