L'Irak dénonce les frappes contre l'Iran, au moins deux morts dans une attaque sur son sol
Des garçons le long d’une route font signe à un véhicule blindé de combat résistant aux mines (MRAP) de l’armée américaine, circulant en convoi pour transporter des détenus du groupe État islamique transférés de Syrie vers l’Irak, à la périphérie de Qahtaniyah, dans la province de Hassaké, au nord-est de la Syrie, le 7 février 2026. ©Delili Souleiman / AFP

Deux personnes ont été tuées samedi lors de frappes aériennes visant une base militaire irakienne abritant le puissant groupe pro-iranien Kataëb Hezbollah, qui a menacé les États-Unis de représailles.

Ces attaques interviennent alors que les États-Unis et Israël ont lancé une campagne contre l’Iran, lequel a riposté par un tir massif de missiles sur des bases américaines dans les pays du Golfe et sur Israël.

Bien qu’ayant averti qu’il ne souhaitait pas être entraîné dans le conflit, l’Irak n’est pas resté épargné. Son espace aérien a été fermé, mais des avions et des missiles ont été observés survolant plusieurs zones.

Selon la cellule média du gouvernement irakien, «à 19h25 (16h25 GMT), la zone de Jurf al-Nasr… a été ciblée par deux frappes aériennes». Une première attaque dans la journée avait déjà tué deux membres de Kataëb Hezbollah.

La base de Jurf al-Sakher, également connue sous le nom de Jurf al-Nasr, dans le sud de l’Irak, appartient aux Hachd al-Chaabi (Forces de mobilisation populaire), un ancien groupe paramilitaire intégré à l’armée régulière. La plus grande partie du contingent présent est composée de membres de Kataëb Hezbollah, inscrits sur la liste noire américaine.

Sans désigner de responsable, les autorités irakiennes ont vu le groupe avertir dans un communiqué que «des attaques contre les bases américaines débuteront bientôt en réponse à leur agression».

Peu après, les forces de sécurité kurdes ont indiqué que les forces de la coalition dirigée par les États-Unis avaient abattu plusieurs missiles et drones explosifs au-dessus d’Erbil, capitale de la région autonome du Kurdistan. Des explosions ont été entendues tout au long de la journée dans la ville, qui abrite un consulat américain et des troupes américaines. L’ambassade des États-Unis en Irak a appelé ses ressortissants à limiter leurs déplacements et à se tenir prêts à s’abriter.

Sabah al-Numan, porte-parole militaire du Premier ministre irakien, a déclaré que Bagdad «condamn[ait] l’agression injustifiée contre la République islamique» et mettait en garde contre toute utilisation du territoire irakien pour «une agression contre l’Iran». L’Irak «rejette également l’usage de son sol ou de ses eaux territoriales comme moyen d’être entraîné dans le conflit», a-t-il ajouté.

Plusieurs centaines de personnes ont manifesté à Bagdad, près de la Green Zone, contre les frappes américano-israéliennes, brandissant des drapeaux iraniens, irakiens et pro-iranien, et scandant «mort à Israël», «mort à l’Amérique» et «pour toi Khamenei».

Kataëb Hezbollah et d’autres factions pro-iraniennes, intégrées aux Hachd al-Chaabi, font partie de l’«axe de la résistance» soutenu par Téhéran et sont réputées agir de manière autonome. Le groupe a de nouveau averti samedi les États-Unis d’une «longue guerre d’usure», tandis que d’autres formations appelaient à soutenir la République islamique.

La flambée de violences a également affecté l’approvisionnement en gaz de la région du Kurdistan. Les ministères de l’Électricité et des Ressources naturelles ont annoncé que, «pour protéger les employés du champ de Khor Mor, Dana Gas a suspendu l’exportation de gaz naturel vers les centrales électriques» de la région.

Le complexe de Khor Mor, qui fournit la majeure partie des centrales du Kurdistan et est exploité par la société émiratie Dana Gas, a été frappé à plusieurs reprises ces dernières années par des groupes irakiens pro-iraniens.

AFP

 

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