Israël célèbre dimanche la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei, ennemi juré de l'État et de sa population tué la veille dans l'offensive israélo-américaine lancée contre la République islamique d'Iran.
«Khamenei [était] un dirigeant, du même type que d'autres autocrates [comme] Hitler [...] et quand on coupe la tête du serpent, alors le serpent ne peut plus se relever», déclare à l'AFP Moti Arad, avocat, à Tel-Aviv.
Avec sa mort, «la situation est la meilleure qui puisse être pour le Moyen-Orient et pour le monde entier, tout le monde libre, parce que maintenant nous sommes sur la voie d'un changement de régime en Iran, j'en suis fermement convaincu, et ensuite, il y aura la paix au Moyen-Orient», veut-il croire.
«Houssal». «Eliminé» en hébreu. La sentence s'affiche en une du Yediot Aharonot, plus grand quotidien payant du pays, et en décor du plateau de la chaîne de télévision 12, la plus regardée du pays, dans une cible rouge pointée sur une photo de l'ayatollah.
«Mort d'un tyran», titre de son côté le quotidien Maariv à propos de celui qui considérait Israël comme une «une tumeur cancéreuse maligne [devant] être éradiquée».
Dans une classe politique ultrapolarisée, la disparition du guide iranien est un rare ferment d'unité.
«Justice a été faite, et l'axe du mal a subi un revers cuisant», a applaudi sur les réseaux sociaux le ministre de la Défense Israël Katz membre du Likoud, le parti de droite du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.
«Félicitations aux forces de sécurité pour l'élimination de Khamenei. Que tous nos ennemis sachent que tel sera le sort de quiconque tentera de menacer l'existence d'Israël», a écrit sur X le chef de l'opposition, Yaïr Lapid (centre).
«Israël vit et rugit»
«Pour les Juifs, il y eut lumière, joie et allégresse.» Le ministre de la Sécurité intérieure, Itamar Ben Gvir (extrême droite), et celui de l'Éducation, Yoav Kisch, ont salué la mort de Khamenei en citant le même extrait de la fin du livre d'Esther, histoire biblique immémoriale racontant comment les Juifs ont échappé à l'extermination dans la Perse antique, aujourd'hui l'Iran.
Hasard du calendrier, la fête de Pourim, qui célèbre la «ruse d'Esther», qualité dont s'est prévalu à plusieurs reprises Benjamin Netanyahu pour combattre les ennemis d'Israël depuis la guerre déclenchée le 7 octobre 2023 par le mouvement islamiste palestinien, commence lundi soir.
Pour les juifs les plus religieux, et pas seulement, Ali Khamenei était l'incarnation moderne de l'Amalek, ennemi héréditaire des Hébreux dans la Bible.
«Nos pilotes de l'armée de l'Air ont détruit l'Amalek de cette génération. Grâce à eux, le monde est un endroit meilleur. Le peuple d'Israël vit et rugit», a écrit sur Telegram Naftali Bennett, opposant de droite à M. Netanyahu, en référence au nom donné par les autorités à l'offensive militaire israélienne contre l'Iran : «Lion rugissant».
Dans les rues de Tel-Aviv, cet optimisme n'est pas unanimement partagé cependant.
«Khamenei [...] il y en aura un autre à sa place. Ça ne résout pas le problème», dit à l'AFP Dalit Avichaï. Pour cette enseignante, «cette guerre n'était pas nécessaire» et elle a été déclenchée «uniquement pour des raisons politiques [...] pour que Bibi [Benjamin Netanyahu, NDLR] reste au pouvoir».
«D'abord [Khamenei] n'est pas le seul à avoir menacé Israël ces 30, 40 ou 50 dernières années [et] quelqu'un d’autre prendra [sa] relève», estime Ami Bell.
«Depuis que je suis tout petit [...] nous sommes en guerre. Nous sommes entourés de pays qui veulent nous tuer», dit ce retraité à l'AFP, «donc je ne pense pas que la situation va changer».
AFP



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