L’armée israélienne a lancé lundi à l’aube des frappes aériennes massives contre la banlieue sud de Beyrouth et le Liban-Sud, fiefs du Hebollah, après les attaques menées par la formation chiite contre son territoire, faisant au moins 31 morts et 149 blessés, selon un premier bilan.
Lundi, en milieu de matinée, l’armée israélienne a étendu ses frappes sur la Békaa et continuait à pilonner le sud du pays.
Le Hezbollah avait promis de «faire face à l'agression» américano-israélienne contre l'Iran après la mort de l'ayatollah Ali Khamenei. La formation pro-iranienne a mis ses menaces à exécution, affirmant lundi avoir tiré des missiles et des drones vers Israël, pour la première fois dans ce conflit.
Israë a immédiatement riposté sur la banlieue sud de Beyrouth et le sud du Liban. Au moins 15 frappes ont été recensées dans la capitale libanaise jusqu’à aux premières heures de l’aube, et une vague d’attaques a également touché plusieurs zones du sud du Liban. Les raids contre le sud du Liban se poursuivaient lundi matin, après que l’armée israélienne a ordonné l’évacuation de dizaines de villages du Sud, créant la panique parmi les habitants.
Selon la chaîne saoudienne Al Hadath, information reprise par plusieurs médias libanais, Mohammad Raad, chef du bloc parlementaire du Hezbollah, aurait été tué dans une frappe aérienne israélienne, une information qui n’a pas encore été confirmée par le Hezbollah.
Dans un communiqué, l’armée israélienne a affirmé qu’en réponse «aux tirs de projectiles du Hezbollah vers l’État d’Israël, les forces israéliennes frappent actuellement des cibles du Hezbollah». «L’armée israélienne agira contre la décision du Hezbollah de se joindre à la campagne et ne permettra pas à l’organisation de constituer une menace pour l’État d’Israël et de nuire aux civils du nord d’Israël», précise le communiqué, qui ajoute que «Le Hezbollah ruine l’État libanais, et l’armée israélienne réagira avec force à de telles actions.»
Un autre communiqué de la porte-parole arabophone, Ella Waweya, souligne que les frappes «précises et ciblées» étaient contre des «éléments terroristes de premier plan» du Hezbollah, ainsi qu’un «élément central» de la milice au Liban-Sud.
Les forces israéliennes précisent s’être préparées à un tel scénario dans le cadre de l’opération «Rugissement du Lion» et être prêtes à combattre toute menace contre l’État d’Israël. L’establishment sécuritaire israélien est en alerte maximale, la perspective d’une guerre terrestre étant désormais envisagée.
L'armée israélienne a aussi averti qu'elle comptait «intensifier» ses frappes au Liban visant le Hezbollah en représailles de tirs de roquettes du mouvement chiite vers son territoire.
Le chef d’état-major de l’armée israélienne, Eyal Zamir, a affirmé que «le Hezbollah a ouvert ce soir une bataille contre Israël et assume la responsabilité de l’escalade». «Tout ennemi qui menace notre sécurité en paiera le prix fort: nous ne laisserons personne nuire au peuple israélien et à notre frontière nord», a-t-il averti.
«Nous avons lancé une campagne offensive contre le Hezbollah. Nous ne nous contentons plus de défendre, nous passons désormais à l’attaque. Il faut se préparer à plusieurs jours de combats très intenses. Une solide préparation défensive est nécessaire, ainsi qu’une préparation offensive continue, par vagues, en saisissant constamment les opportunités.»
«Les frappes se poursuivent et leur intensité va augmenter», a écrit le général Rafi Milo, chef du commandement nord, dans un communiqué de l'armée sur Telegram, assurant que le mouvement allait «payer le prix fort» pour son soutien à Téhéran.
Le ministère de la Santé a indiqué dans un bilan encore provisoire que 20 personnes ont été tuées et 91 blessées dans la banlieue sud de Beyrouth dans les frappes israéliennes. Onze autres personnes ont été tuées et 58 blessées dans les raids dans le sud du pays, soit 31 morts et 149 blessés au total.
Roquettes tirées sur Israël
Six roquettes ont été tirées depuis le sud du Liban vers Haïfa vers 1h du matin, selon des sources sécuritaires israéliennes. Il s’agit du premier tir depuis le cessez-le-feu signé en 2024. Aucune revendication n’a été faite par d’autres groupes palestiniens.
Une autre salve de roquettes a été envoyée sur Israël quelques minutes après les frappes sur la banlieue-sud de Beyrouth.
Déclaration du Hezbollah
De son côté, le Hezbollah a revendiqué l’attraque. Le mouvement a indiqué agir «en vengeance pour le sang pur» du guide suprême iranien Ali Khamenei, et dans le cadre d’une réponse aux «agressions israéliennes répétées». Il a affirmé que la poursuite des frappes israéliennes et les assassinats de ses dirigeants justifiaient son «droit de défendre et de répondre au moment et au lieu appropriés».
Le Hezbollah a qualifié son action de «réponse défensive légitime» et a appelé les parties concernées à mettre fin à ce qu’il décrit comme une «agression israélo-américaine» contre le Liban.
Le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, a pour sa part condamné le tir de roquettes depuis le Liban-Sud le qualifiant d’«acte irresponsable et suspect», affirmant que «toutes les mesures nécessaires pour arrêter les auteurs » seront prises. Une réunion de crise du Conseil des ministres est prévue lundi matin à Baabda.
Le président Joseph Aoun a déploré «l'insistance à utiliser une fois de plus le Liban comme plateforme pour des guerres qui ne (le) concernent pas», se joignant aux condamnations de cette attaque, qui intervient au moment même où la pression de Washington s'intensifiait sur Beyrouth pour remplir sa promesse de désarmer le Hezbollah.
Déplacements massifs de population
L’annonce des frappes a entraîné un mouvement de population important, avec des habitants du Sud et de la Békaa se dirigeant vers le nord et vers des zones considérées comme plus sûres. Des routes comme celle d’Ablah vers Zahlé et du Sud-Liban vers la Békaa ont été fortement congestionnées par les voitures des déplacés. Les habitants de la banlieue sud ont eux aussi pris la route vers des zones de la capitale jugées plus sùres, crayant des embouteillages monstres sur les routes de la capitale.



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