Le président français Emmanuel Macron a mis en garde mardi Israël contre toute opération terrestre au Liban, qu’il a qualifiée d’«escalade dangereuse et d’erreur stratégique», tout en estimant que le Hezbollah avait commis «une faute majeure» en frappant Israël en premier.
«Depuis ces dernières heures, la guerre s'étend au Liban, à partir duquel le Hezbollah a commis la faute majeure de frapper Israël et de mettre les Libanais en danger», a-t-il dit lors d'une allocution télévisée. «Israël serait en train de décider une opération terrestre: ce serait là aussi une escalade dangereuse et une erreur stratégique», a-t-il ajouté, en l'appelant à «respecter le territoire libanais et son intégrité».
«Face à cette guerre en train de s’étendre et dont nul ne sait dire aujourd’hui le terme», a souligné le président, «la France doit prendre des dispositions pour sa sécurité, celle de ses ressortissants et de ses bases ainsi que celle de ses alliés dans la région», citant le Qatar, le Koweït, les Émirats arabes unis, la Jordanie, l’Irak ainsi que le Kurdistan irakien.
Pour ce faire, Macron a annoncé le déploiement du porte-avions Charles de Gaulle, de ses moyens aériens et de son escorte de frégates vers la Méditerranée. Il a également précisé l’envoi d’avions Rafale, de systèmes de défense anti-aérienne et d’un radar aéroporté (Awacs), déjà déployés «ces dernières heures», ainsi que l’envoi dès mardi soir à Chypre de la frégate Languedoc et de moyens anti-aériens. «Nous devons être aux côtés de nos amis et alliés de la région pour leur sécurité et leur intégrité territoriale», a martelé le chef de l’État, insistant sur le caractère «strictement défensif» de ces mesures.
Lors d’une allocution solennelle de huit minutes, la première depuis mars 2025, Emmanuel Macron a dénoncé la «responsabilité première» de l’Iran dans la guerre, en raison de son «programme nucléaire dangereux» et de l’ordre «de tirer sur son propre peuple» lors des manifestations de janvier. «Compte tenu de tout cela (…) les États-Unis et Israël ont décidé de lancer des opérations militaires, conduites en dehors du droit international, ce que nous ne pouvons approuver», a-t-il souligné.
Le président a précisé que la France avait abattu des drones «en légitime défense» dès les premières heures du conflit et que deux bases françaises avaient subi des frappes limitées, causant uniquement des dégâts matériels.
Emmanuel Macron a aussi annoncé vouloir bâtir une coalition pour sécuriser les «voies maritimes essentielles à l’économie mondiale», comme le canal de Suez et le détroit d’Ormuz, où transitent un quart du pétrole mondial et un cinquième du gaz naturel liquéfié.
Concernant les ressortissants français dans la région, il a indiqué que deux «premiers vols» rapatriant des Français arriveraient dès mardi soir à Paris. Environ 400.000 Français sont présents dans les douze pays concernés par le conflit, selon le Quai d’Orsay.
Enfin, le président a demandé un renforcement du dispositif de protection Sentinelle sur le territoire national, avec des patrouilles de soldats dans les lieux publics et une vigilance accrue autour des lieux et des personnes les plus exposées.



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