Damas déploie des roquettes et des milliers de soldats à la frontière libanaise
Des soldats de l’armée syrienne pénètrent dans la ville de Deir Hafer à bord de leurs véhicules, le 17 janvier 2026. ©Bakr Alkasem / AFP

La Syrie a renforcé sa frontière avec le Liban en y déployant des unités de roquettes et des milliers de soldats, ont indiqué mardi huit sources syriennes et libanaises citées par Reuters, alors que le conflit s’étend dans la région, notamment entre Israël et le Hezbollah au Liban.

Ces sources comprennent cinq officiers militaires syriens, un responsable de la sécurité syrienne et deux responsables sécuritaires libanais, qui se sont exprimés sous couvert d’anonymat.

Les officiers syriens ont indiqué que l’opération de renforcement avait débuté en février mais s’est accélérée ces derniers jours. Les armées syrienne et libanaise n’ont pas immédiatement répondu aux demandes de commentaires.

Les officiers syriens, dont un haut responsable militaire, ont expliqué que cette mesure visait à empêcher la contrebande d’armes et de drogue ainsi qu’à bloquer toute infiltration en Syrie du Hezbollah libanais soutenu par l’Iran ou d’autres groupes armés.

Un officier syrien a déclaré à Reuters que des formations issues de plusieurs divisions de l’armée syrienne, notamment les 52ᵉ et 84ᵉ divisions, ont étendu leur présence le long de la frontière dans la campagne occidentale de Homs et au sud de Tartous.

Selon ce responsable, les renforts comprennent des unités d’infanterie, des véhicules blindés ainsi que des lance-roquettes Grad et Katyusha à courte portée.

Un responsable sécuritaire syrien a affirmé que Damas n’avait aucun projet d’action militaire contre un pays voisin. «Mais la Syrie est prête à faire face à toute menace sécuritaire contre elle-même ou ses partenaires», a-t-il ajouté.

Cette initiative a toutefois suscité des inquiétudes chez certains responsables européens et libanais quant à une possible incursion.

Les officiers militaires syriens ont fermement rejeté ces craintes, affirmant que la Syrie souhaite des relations équilibrées avec son voisin après des décennies de tensions liées à l’influence dominante de Damas au Liban et au soutien du Hezbollah à l’ancien gouvernement du président syrien Bachar al-Assad durant une guerre civile de 14 ans.

La Syrie avait déployé des troupes au Liban de 1976 à 2005, notamment pendant la guerre civile libanaise qui s’est achevée en 1990.

Le Hezbollah a repris lundi ses tirs contre Israël, plus d’un an après un cessez-le-feu ayant mis fin à des mois de guerre en 2024. Depuis cet accord, Israël a poursuivi des frappes quasi quotidiennes.

Cette semaine, Israël a ordonné l’évacuation d’une grande partie du sud du Liban, provoquant le déplacement de dizaines de milliers de personnes. Des frappes israéliennes dans le sud du pays et la banlieue sud de Beyrouth ont fait des dizaines de morts et poussé des milliers d’habitants à fuir vers la Syrie.

Un haut responsable sécuritaire libanais a indiqué que les autorités syriennes avaient informé Beyrouth que le déploiement de lance-roquettes le long des montagnes formant la frontière orientale du Liban constituait une «mesure défensive contre toute action ou attaque que le Hezbollah pourrait lancer contre la Syrie».

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