Face à la guerre, les investisseurs hésitent à se couvrir avec du dollar
Le dollar américain oscille tandis que l’or progresse face aux tensions au Moyen-Orient. ©Ici Beyrouth

Le dollar alterne entre phases de stagnation et de progression jeudi, tandis que l'or monte modestement, les investisseurs ne sachant vers quelle valeur refuge se tourner face au conflit qui n'en finit pas de s'étendre à travers le Moyen-Orient.

En hausse en début de séance, le billet vert a ensuite écrasé ses gains: vers 10H10 GMT (11H10 à Paris), il grappillait 0,06% à l'euro, à 1,1626 dollar.

Il prenait aussi 0,14% à la livre britannique et stagnait (+0,05%) face au yen japonais.

«Le dollar restera probablement demandé tant que l'incertitude au Moyen-Orient persistera», projette Ipek Ozkardeskaya, analyste chez Swissquote.

La hausse des prix de l'énergie devrait davantage peser sur les économies asiatiques et européennes que sur celle des États-Unis, dont la devise est en outre utilisée pour acheter du pétrole brut.

C'est pourquoi le dollar s'était initialement envolé lundi et mardi, dans la foulée des frappes israélo-américaines sur l'Iran dès samedi.

Cependant, dans le «Livre beige» publié mercredi, son enquête régulière sur l'économie américaine, la Réserve fédérale (Fed) suggère que l'incertitude continue de peser sur les dépenses des ménages, en particulier parmi ceux aux revenus modestes, même si un certain optimisme transparaît concernant les mois à venir.

S'il est ici prisé en temps de crise affectant l'énergie, sur le long terme, l'assise du dollar comme valeur de réserve a été entamée au profit de l'or, explique à l'AFP Maria Demertzis, professeure à l'Institut universitaire européen de Florence.

L'économiste cite l'«impact des droits de douane américains», le manque de «confiance dans l'administration», et sa capacité à «soutenir la dette» du pays, mais aussi l'instrumentalisation du dollar dans les sanctions imposées à la Russie pour avoir envahi l'Ukraine.

Jeudi, l'or progressait de 0,24% à 5.152,71 dollars l'once.

«Le fait que l'or n'ait pas attiré davantage de capitaux suggère que les investisseurs ont peu d'endroits où se réfugier», estime Mme Ozkardeskaya.

Le bitcoin reculait lui de 0,84% à 72.725,00 dollars.

Mercredi, les actifs à risque ont repris de l'allant, mais ce «soulagement» n'a été que de courte durée: «le marché a brièvement repris son souffle avant de réaliser que la situation restait explosive», constate Stephen Innes, analyste chez SPI AM.

«Les investisseurs semblent désormais considérer qu'une résolution rapide au Moyen-Orient est peu probable», qu'il s'agisse d'une «négociation rapide d'un accord ou d'efforts américains pour rouvrir le détroit d'Ormuz (...) paraissant prématurés», pense Chris Turner, analyste chez ING.

AFP

Commentaires
  • Aucun commentaire