Morgan Ortagus critique l’inaction du gouvernement libanais face au Hezbollah
Morgan Ortagus pointe le manque d’action de l’État libanais contre le Hezbollah ©IBRAHIM AMRO / AFP

Morgan Ortagus, ancienne émissaire adjointe spéciale des États-Unis pour le Moyen-Orient, est intervenue le 10 mars à la Harvard Kennedy School, où elle a abordé les situations au Liban et en Iran dans le contexte du conflit actuel.

Liban

Concernant le Liban, Ortagus a insisté sur la nécessité de désarmer le Hezbollah, tout en critiquant la lenteur de l’État libanais à agir contre l’organisation.

«Le gouvernement libanais est très doué pour faire des déclarations, mais il a manqué d’action», a-t-elle affirmé.

Elle a également estimé que le comportement du Hezbollah «ne diffère pas de celui de toute autre organisation terroriste», ajoutant que le gouvernement libanais «semble davantage préoccupé par le risque d’instabilité que par le désarmement réel du Hezbollah».

Ortagus a réitéré sa position selon laquelle le Hezbollah continuera à transformer le Liban en champ de bataille face à Israël sans le consentement de la population libanaise.

«Vous finirez par retourner en guerre avec Israël si vous ne désarmez pas le Hezbollah», a-t-elle averti.

Interrogée sur le rôle du gouvernement libanais dans une éventuelle désescalade avec Israël, elle a répondu : «Vous pouvez directement désamorcer la situation en désarmant le Hezbollah.»

Elle a également pointé du doigt le rôle de l’Iran dans l’instabilité régionale: «Les Iraniens ont été la cause du chaos dans la région… Si vous regardez les pays qui ont subi l’influence négative du régime iranien, vous pouvez citer le Yémen, l’Irak ou encore le Liban… État après État en échec.»

Iran

S’exprimant sur l’Iran, Ortagus a qualifié le régime iranien d’entité hostile aux États-Unis.

«On oublie souvent que, ces dernières années, l’Iran s’est ouvertement engagé dans ce qui constitue des actes de guerre contre les États-Unis», a-t-elle déclaré, évoquant notamment des complots d’assassinat visant des responsables américains actuels et anciens, y compris le président Donald Trump.

«Ce n’est pas une seule menace, mais un ensemble de menaces», a-t-elle ajouté, soulignant les défis que représente l’Iran pour les intérêts américains.

Ortagus a également affirmé que Trump avait été sincère dans sa volonté de parvenir à un accord avec Téhéran.

«Il voulait un accord avec le régime et était prêt à en conclure un. Mais je pense qu’il avait compris que le régime essayait de le mener en bateau», a-t-elle expliqué.

Elle a enfin indiqué que certains responsables américains craignaient une attaque préventive de l’Iran. «Le secrétaire [Marco] Rubio a déclaré la semaine dernière qu’ils estimaient être à quelques jours d’une attaque préventive iranienne contre les États-Unis, ce qui les a conduits à considérer qu’il était temps d’agir.»

Commentaires
  • Aucun commentaire